D’où vient le déficit public britannique ?

Recettes et dépenses de l’État britannique et des collectivités depuis 1995 : le NHS, les retraites, la facture de la Banque d’Angleterre, et la comparaison avec la France.

Périmètre : Ensemble des administrations publiques britanniques (État central, collectivités locales), comptabilité nationale, années civiles, données OCDE et ONS. · Données arrêtées au 27 oct. 2026.

Dépenses publiques · 20251 410 Md£46,3 % du PIB
Recettes publiques · 20251 247 Md£41,0 % du PIB
Déficit · 2025−163 Md£−5,3 % du PIB
Dette publique · fin 20253 106 Md£102,4 % du PIB

Ce qu’il faut retenir

  • En 2025, les administrations publiques britanniques ont dépensé 1 410 Md£ pour 1 247 Md£ de recettes : un déficit de 163 Md£, soit 5,3 % du PIB. La dette atteint 3 106 Md£, soit 102,4 % du PIB (définition de Maastricht).
  • Sur longue période, la santé est le premier moteur des dépenses : le NHS est passé de 5,0 % à 8,7 % du PIB entre 1995 et 2024 (+3,8 points). Les retraites ont pris +1,8 point (de 6,7 % à 8,5 %). Les recettes ont progressé presque autant, si bien que le déficit de 2024 (−5,9 % du PIB) est proche de celui de 1995 (−5,4 %).
  • Depuis 2019, le déficit est passé de −2,3 % à −5,9 % du PIB. Les dépenses ont pris +5,8 points : services généraux (+1,2), santé (+1,2), intérêts (+0,7), défense et sécurité (+0,7), famille et exclusion (+0,6), affaires économiques (+0,5), retraites (+0,5). Les recettes ont compensé une partie (+2,2 points), surtout l’impôt sur le revenu (+1,8, avec le gel des seuils d’imposition) et l’impôt sur les sociétés (+1,0, taux relevé de 19 % à 25 % en 2023).
  • Une facture héritée du « quantitative easing » : depuis fin 2022, le Trésor rembourse à la Banque d’Angleterre les pertes de son programme de rachats d’obligations. Ces versements ont atteint 37 Md£ en 2023 et 42 Md£ en 2024 (1,5 point de PIB) ; ce sont eux qui expliquent la hausse des « services généraux ». Une partie de la dette britannique est aussi indexée sur l’inflation, ce qui a fait monter les intérêts (2,9 % du PIB en 2024, contre 2,0 % en France).
  • Face à la France, le Royaume-Uni dépense en 2024 11 points de PIB de moins (46,1 % contre 57,0 %) et prélève 11 points de moins (40,2 % contre 51,2 %) : le déficit est presque le même. L’écart vient surtout des retraites (−6,2 points) : la retraite publique britannique est modeste et les retraites complémentaires passent surtout par des fonds privés. La santé, elle, coûte presque autant (8,7 % contre 8,9 % du PIB). Côté recettes, les cotisations sociales sont deux fois plus faibles (−8,5 points).

Recettes et dépenses, année par année

Pour chaque année : barre de gauche = recettes (gris), barre de droite = dépenses (couleurs), empilées par type. L’écart entre les deux barres est le déficit. Touchez un poste de la légende pour l’isoler. Les dépenses par fonction sont publiées jusqu’en 2024 ; la vue « par nature » va jusqu’en 2025.

Unité
Dépenses par
Depuis
Dépenses
Recettes

Ce qui a creusé (ou réduit) le déficit

Variation de chaque poste en points de PIB entre deux années. Une dépense qui augmente, ou une recette qui baisse, creuse le déficit (barre vers la gauche).

Comparer

Solde public : −2,3 % du PIB en 2019, −5,9 % en 2024, soit −3,6 point. Contribution des dépenses : −5,8 pt ; des recettes : +2,2 pt.

  • Retraites
  • Santé
  • Autres prestations sociales
  • Intérêts de la dette
  • Éducation
  • Affaires économiques
  • Autres dépenses publiques
  • Recettes
← creuse le déficitle réduit →
Détail par poste · 2019 → 2024
Détail par posteCôté20192024Variation (pt)Effet sur le solde (pt)
Services généraux (hors dette)Dépenses2,223,44+1,23−1,23
Santé (hôpital, soins de ville, médicaments)Dépenses7,558,72+1,17−1,17
Autres impôts sur la production (business rates, carburants, alcool, tabac…)Recettes5,825,01−0,81−0,81
Intérêts de la detteDépenses2,182,87+0,68−0,68
Défense, police, justiceDépenses3,714,38+0,67−0,67
Famille, aides au logement, exclusionDépenses4,074,69+0,62−0,62
Affaires économiques (transports, aides aux entreprises, énergie)Dépenses3,463,95+0,50−0,50
Retraites (vieillesse + réversion)Dépenses8,068,52+0,46−0,46
Environnement, équipements collectifs, cultureDépenses1,892,11+0,23−0,23
Indemnités maladie et invaliditéDépenses2,302,52+0,22−0,22
Autres impôts courants (council tax…)Recettes2,362,25−0,11−0,11
Cotisations socialesRecettes8,007,94−0,06−0,06
ÉducationDépenses4,854,86+0,01−0,01
ChômageDépenses0,060,05−0,01+0,01
TVARecettes6,856,86+0,01+0,01
Impôts en capital (droits de succession…)Recettes0,230,28+0,05+0,05
Autres recettes (ventes, revenus de la propriété, transferts)Recettes3,513,83+0,31+0,31
Impôt sur les sociétésRecettes2,413,38+0,97+0,97
Impôts sur le revenu des ménagesRecettes8,8410,63+1,79+1,79
Total des recettesRecettes38,0240,18+2,15+2,15
Total des dépensesDépenses40,3446,11+5,77−5,77
SoldeSolde-2,32-5,93−3,61−3,61

Les moteurs

Santé et retraites

Dépenses publiques de santé (NHS) et de retraite (vieillesse + réversion), en % du PIB.

  • Santé · 8,7 % (2024)
  • Retraites · 8,5 % (2024)

Le moteur démographique

Part des 65 ans et plus dans la population (%), Banque mondiale.

  • 65 ans et + · 19,7 % (2025)

Solde public

En % du PIB. Négatif = déficit. Les creux de 2009 et 2020 correspondent à la crise financière et au Covid.

  • Solde · −5,3 % (2025)

Dette publique

En % du PIB, définition de Maastricht (valeur nominale), fin d’année, ONS.

  • Dette · 102,4 % (2025)

Pertes de la Banque d’Angleterre prises en charge

Versements du Trésor à la Banque d’Angleterre pour couvrir les pertes de ses rachats d’obligations (QE), en % du PIB, ONS.

  • Versements · 0,7 % (2025)

Qui porte le déficit ?

Solde par niveau d’administration, en % du PIB. Il n’y a pas de caisses de sécurité sociale séparées au Royaume-Uni.

  • État central · −4,7 % (2025)
  • Collectivités locales · −0,6 % (2025)

Royaume-Uni et France

Mêmes comptes de l’OCDE pour les deux pays, même périmètre (administrations publiques), en % du PIB. Dette : définition de Maastricht pour les deux (ONS pour le Royaume-Uni, Eurostat pour la France). À droite d’un graphique d’écart, le Royaume-Uni est au-dessus de la France.

Dépenses publiques, % du PIB

  • Royaume-Uni · 46,3 % (2025)
  • France · 57,3 % (2025)

Recettes publiques, % du PIB

  • Royaume-Uni · 41,0 % (2025)
  • France · 52,2 % (2025)

Solde public, % du PIB

  • Royaume-Uni · −5,3 % (2025)
  • France · −5,1 % (2025)

Dette publique, % du PIB

  • Royaume-Uni · 102,4 % (2025)
  • France · 115,7 % (2025)

Structure des recettes et des dépenses

Une barre par pays et par côté, empilée par poste, en % du PIB.

Année
  • Retraites
  • Santé
  • Autres prestations sociales
  • Intérêts de la dette
  • Éducation
  • Affaires économiques
  • Autres dépenses publiques
  • Cotisations sociales
  • Impôts sur le revenu des ménages
  • TVA
  • Autres impôts sur la production
  • Impôt sur les sociétés
  • Autres recettes

Où le Royaume-Uni dépense et prélève plus (ou moins) que la France

Écart Royaume-Uni moins France, en points de PIB, même année. À droite, le Royaume-Uni est au-dessus.

  • Royaume-Uni − France · 2024
← en dessousau-dessus →

Dépenses par nature

Ce que l’argent public paie : salaires, prestations, achats, investissement… Le NHS achète une grande partie de ses soins et de ses services à des prestataires (achats de fonctionnement), alors que la France rembourse des soins (prestations en nature).

Année
  • Prestations en espèces (retraites, allocations)
  • Prestations en nature achetées (soins remboursés…)
  • Rémunération des agents publics
  • Achats de fonctionnement
  • Intérêts de la dette
  • Subventions
  • Investissement
  • Autres transferts

Écart Royaume-Uni − France par nature de dépense, en points de PIB

  • Royaume-Uni − France · 2025

Données annuelles

Afficher le tableau des recettes, dépenses, solde et dette par année
AnnéeRecettesDépensesSoldeSolde (% du PIB)Dette (% du PIB)
20251 247 Md£1 410 Md£−163 Md£−5,3 %102,4 %
20241 167 Md£1 340 Md£−172 Md£−5,9 %99,9 %
20231 116 Md£1 285 Md£−169 Md£−6,1 %98,8 %
20221 059 Md£1 175 Md£−116 Md£−4,5 %97,4 %
2021928 Md£1 101 Md£−173 Md£−7,4 %103,4 %
2020827 Md£1 102 Md£−275 Md£−12,9 %104,9 %
2019861 Md£913 Md£−53 Md£−2,3 %85,0 %
2018834 Md£882 Md£−49 Md£−2,2 %85,7 %
2017807 Md£861 Md£−54 Md£−2,6 %86,2 %
2016764 Md£830 Md£−66 Md£−3,3 %87,2 %
2015726 Md£813 Md£−87 Md£−4,5 %87,3 %
2014701 Md£804 Md£−103 Md£−5,5 %86,5 %
2013686 Md£781 Md£−95 Md£−5,3 %84,9 %
2012644 Md£781 Md£−137 Md£−8,0 %84,1 %
2011638 Md£762 Md£−124 Md£−7,4 %81,1 %
2010612 Md£762 Md£−149 Md£−9,3 %75,5 %
2009577 Md£732 Md£−156 Md£−10,0 %64,5 %
2008625 Md£706 Md£−81 Md£−5,1 %50,6 %
2007594 Md£635 Md£−41 Md£−2,6 %43,0 %
2006561 Md£602 Md£−40 Md£−2,7 %41,9 %
2005533 Md£577 Md£−44 Md£−3,1 %40,9 %
2004488 Md£530 Md£−42 Md£−3,2 %39,7 %
2003448 Md£488 Md£−40 Md£−3,2 %36,6 %
2002424 Md£447 Md£−23 Md£−2,0 %35,3 %
2001418 Md£414 Md£3,8 Md£0,3 %34,8 %
2000402 Md£387 Md£15 Md£1,4 %37,5 %
1999371 Md£365 Md£6,8 Md£0,7 %40,3 %
1998350 Md£354 Md£−3,9 Md£−0,4 %41,8 %
1997321 Md£342 Md£−21 Md£−2,2 %43,9 %
1996300 Md£337 Md£−37 Md£−4,1 %48,0 %
1995283 Md£329 Md£−46 Md£−5,4 %48,6 %

Sources et méthode

  • OCDE, comptes des administrations publiques. Table 12 : recettes et dépenses totales, détail des impôts et cotisations, dépenses par nature, solde par niveau d’administration. Table 11 : dépenses par fonction (COFOG), 1995–2024. Les données de l’ONS transmises à l’OCDE, années civiles. La France de la comparaison est lue dans les mêmes tables.OECD Table 12OECD Table 11 (COFOG)
  • ONS. Dette brute consolidée au sens de Maastricht, en valeur nominale, fin d’année civile (tableau M1). Versements du Trésor au fonds de rachats d’actifs de la Banque d’Angleterre (série MF7A).ONS — UK government debt and deficitONS MF7A
  • Banque mondiale et Eurostat. Part des 65 ans et plus (Banque mondiale) ; dette de Maastricht de la France (Eurostat).Banque mondiale SP.POP.65UP.TO.ZSEurostat gov_10dd_edpt1
  • Méthode. Livres constantes : livres courantes corrigées du déflateur du PIB (livres de la dernière année). Retraites = vieillesse (GF1002) + survivants (GF1003) ; santé = GF07 ; intérêts = GF0107. L’aide aux chômeurs passe pour l’essentiel par l’Universal Credit, qui n’est pas classé en « chômage » : cette ligne est donc très faible. Le léger écart entre le total COFOG et le total des dépenses est versé dans « Services généraux ».
  • Pour aller plus loin. Office for Budget Responsibility (prévisions et risques budgétaires), ONS Public sector finances, HM Treasury (PESA), Institute for Fiscal Studies.OBRONS Public sector financesHM Treasury PESAIFS