DéfenseAllemagne
Loi de modernisation du service militaire (« nouveau service militaire »)
Quinze ans après la suspension de l’appel obligatoire en 2011, la loi du 22 décembre 2025, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, rétablit le recensement militaire : les hommes nés à partir de 2008 doivent remplir un questionnaire et sont de nouveau soumis à un examen médical (« Musterung »), le service lui-même restant volontaire. Elle inscrit dans la loi une trajectoire de 460 000 militaires d’ici 2035 (jusqu’à 260 000 actifs, au moins 200 000 réservistes) ; si elle n’est pas tenue, seule une nouvelle loi du Bundestag peut décider une conscription « selon les besoins ».
Mise à jour : 5 novembre 2026Prochaine échéance : janvier 2027 — Premier rapport semestriel du ministère de la Défense au Bundestag sur la croissance des effectifs et de la réserve
Fiche d’identité
Texte de référence
Gesetz zur Modernisierung des Wehrdienstes (Wehrdienst-Modernisierungsgesetz – WDModG) vom 22. Dezember 2025 (loi de modernisation du service militaire)[1]
N° BGBl. 2025 I Nr. 370 · 22 décembre 2025
Lire le texte ↗Porteurs
- Boris Pistorius[6][1]Ministre fédéral de la Défense (SPD), gouvernement Merz — projet adopté en Conseil des ministres le 27 août 2025 · 2025 · Initiateur
- CDU/CSU – SPD[7][6][3]Coalition gouvernementale au Bundestag — amendements inscrivant dans la loi la trajectoire d’effectifs jusqu’en 2035 et réservant toute obligation à une nouvelle loi · 2025 · Modification
- Bundesamt für das Personalmanagement der Bundeswehr[1][11]Office fédéral de gestion du personnel de la Bundeswehr — envoie les questionnaires et tient le recensement · 2026 · Mise en œuvre
Mise en œuvre
- Ministère fédéral de la Défense (BMVg)
- Office fédéral de gestion du personnel de la Bundeswehr, centres de carrière et centres d’examen de la Bundeswehr
- Bundestag — rapports semestriels sur la trajectoire ; toute conscription selon les besoins exige une nouvelle loi
Objectif affiché
Rendre les forces armées capables de croître et de durer dans la défense du territoire et de l’Alliance — le gouvernement désigne la Russie comme la plus grande menace pour la sécurité européenne dans un avenir prévisible — en recrutant davantage de volontaires grâce à un service mieux payé et plus souple, en constituant une réserve solide et en sachant de nouveau, par le recensement et l’examen, qui serait disponible en cas de crise.[4][6][7][1]
Selon le projet de loi du gouvernement fédéral et le ministère fédéral de la Défense
Effectif total visé des forces armées (actifs + réservistes)
460 000
d’ici 2035 · selon l’article 91 de la loi sur le statut des militaires modifiée par la loi, « pour remplir les objectifs capacitaires de l’OTAN »[1]
Militaires d’active (borne haute de l’objectif)
260 000
d’ici 2035 · selon l’article 91 de la loi sur le statut des militaires (« jusqu’à 260 000 »)[1]
Le corridor annuel du même article indique 255 000 à 270 000 militaires d’active pour 2035.
Réservistes (minimum)
200 000
d’ici 2035 · selon l’article 91 de la loi sur le statut des militaires[1]
Mesures principales
- Rétablissement du recensement militaire hors situation de tension ou de défense : l’Office fédéral de gestion du personnel de la Bundeswehr récupère auprès des registres de population les données des hommes soumis à l’obligation militaire.[1][2]
- « Déclaration de disponibilité et d’aptitude » obligatoire pour les hommes nés après le 31 décembre 2007 : intérêt pour le service, taille et poids, handicap, diplômes et qualifications, auto-évaluation de la condition physique, service dans des forces armées étrangères. Les femmes et les personnes d’un autre genre peuvent répondre à titre volontaire. Ne pas répondre après une relance formelle, ou répondre de façon inexacte ou incomplète, est une contravention passible d’une amende — le ministère prévoit 250 € au plus.[1][2][11]
- Examen médical (« Musterung ») de nouveau obligatoire pour les hommes nés à partir de 2008 : l’aptitude au service est établie par un examen médical approfondi, dont il peut être fait abstraction quand le questionnaire exclut déjà tout appel.[1][2][6]
- Service volontaire rendu plus attractif : 6 à 11 mois comme volontaire, ou statut de militaire sous contrat dès 12 mois ; solde de base fixée à 2 600 € par mois au grade le plus bas ; aide jusqu’à 3 500 € pour le permis B ou 5 000 € pour le permis poids lourd après au moins 12 mois de service.[1][6]
- Trajectoire de croissance inscrite dans la loi : un corridor annuel de militaires d’active et de réservistes de 2026 à 2035 (186 000 à 190 000 actifs et 70 000 à 80 000 réservistes en 2026), avec un rapport semestriel au Bundestag à partir du 1er janvier 2027.[1]
- « Conscription selon les besoins » : le Bundestag décide par une loi de l’instaurer, notamment lorsque la situation de défense ou les effectifs des forces armées l’exigent ; l’appel suit alors les besoins des forces et, si les hommes aptes sont plus nombreux, un tirage au sort peut être prévu une fois toutes les autres mesures épuisées — ses modalités sont renvoyées à une loi ultérieure. Le projet du gouvernement prévoyait à la place une ordonnance soumise à l’accord du Bundestag.[1][4]
En données
2026-2035, militaires d’active
| Année | Borne basse | Borne haute |
|---|---|---|
| 2026 | 186 000 | 190 000 |
| 2027 | 190 000 | 193 000 |
| 2028 | 193 000 | 198 000 |
| 2029 | 198 000 | 205 000 |
| 2030 | 204 000 | 212 000 |
| 2031 | 210 000 | 220 000 |
| 2032 | 218 000 | 230 000 |
| 2033 | 228 000 | 242 000 |
| 2034 | 240 000 | 256 000 |
| 2035 | 255 000 | 270 000 |
Échelle à partir de 0 · Environ 186 400 militaires d’active servaient au 31 août 2026, selon le ministère de la Défense. La force numérique des armées reste fixée chaque année par le budget.
2026-2035, réservistes
| Année | Borne basse | Borne haute |
|---|---|---|
| 2026 | 70 000 | 80 000 |
| 2027 | 80 000 | 100 000 |
| 2028 | 100 000 | 120 000 |
| 2029 | 120 000 | 140 000 |
| 2030 | 140 000 | 160 000 |
| 2031 | 160 000 | 180 000 |
| 2032 | 180 000 | 200 000 |
| 2033 (Au moins 200 000 (pas de borne haute fixée)) | 200 000 | — |
| 2034 (Au moins 200 000 (pas de borne haute fixée)) | 200 000 | — |
| 2035 (Au moins 200 000 (pas de borne haute fixée)) | 200 000 | — |
Échelle à partir de 0
Forces armées disponibles
Valeur indisponible pour le moment
Chiffres clés
Militaires d’active en service
186 400
31 août 2026 · Observé
selon le ministère fédéral de la Défense (arrondi)[13][1]
Environ 4 000 de plus qu’un an plus tôt, dans le corridor légal de 186 000 à 190 000 pour 2026.
Hommes ayant répondu au questionnaire dans le délai (relance comprise)
96 %
au 31 août 2026 · Observé
selon le ministère fédéral de la Défense (environ 231 700 courriers envoyés aux hommes)[13]
Environ 3,5 % des femmes et personnes d’un autre genre, pour qui la réponse est facultative.
Volontaires et militaires sous contrat court du nouveau service militaire
11 400
31 août 2026 · Observé
selon le ministère fédéral de la Défense (arrondi)[13]
Effectifs militaires actifs
183 k
2020
Dépenses de défense
1,8% PIB
2024
Chronologie
- Annoncée
Projet de loi adopté en Conseil des ministres fédéral[6]
- En débat
Première lecture au Bundestag (document 21/1853), renvoi à la commission de la défense[4]
Le Bundestag adopte la loi par vote nominal : 323 pour, 272 contre, 1 abstention[3]
Les groupes de la coalition CDU/CSU et SPD ont voté pour ; les groupes d’opposition AfD, Bündnis 90/Die Grünen et Die Linke contre. Le texte adopté est la version recommandée par la commission de la défense (document 21/3076).
Loi signée par le Président fédéral, publiée au Journal officiel fédéral le 29 décembre[1]
Envoi des premiers questionnaires aux jeunes de 18 ans (nés en 2008)[12][6][7]
Le recensement militaire a démarré mi-janvier 2026 : un courrier avec un code QR menant à un questionnaire en ligne après le 18e anniversaire, obligatoire pour les hommes, facultatif pour les femmes et les personnes d’un autre genre.
- Étape en cours
Montée en charge du dispositif d’examen : 24 centres prévus avant l’examen de toute la classe d’âge[13][12]
D’ici là, la Bundeswehr examine en priorité les personnes qui se déclarent intéressées. Au 31 août 2026, selon le ministère, plus de 451 400 questionnaires avaient été envoyés ; environ 96 % des hommes et 3,5 % des femmes et personnes d’un autre genre avaient répondu ; environ 3 400 personnes intéressées avaient passé une évaluation et 1 155 avaient été retenues pour un poste (dont près de 1 000 dès 2026).
Début des examens obligatoires d’hommes de 18 ans n’ayant déclaré aucun intérêt[13]
Dans la limite des capacités disponibles des centres de carrière ; au 31 août 2026, près de 1 000 de ces examens avaient été réalisés, selon le ministère.
- À venir — l’issue n’est pas connue
Premier rapport semestriel du ministère de la Défense au Bundestag sur la croissance des effectifs et de la réserve[1]
Exigé « tous les six mois, à compter du 1er janvier 2027 », ventilé par catégorie de statut et durée d’engagement (article 91a de la loi sur le statut des militaires).
Termes du débat
Citoyen ne prend pas position : les arguments sont rapportés tels que les formulent leurs auteurs.
Selon ses défenseurs
- Le ministre de la Défense Boris Pistorius fait valoir que la menace impose à la Bundeswehr de grossir, en active comme en réserve, et que des conditions attractives attireront assez de volontaires ; il ajoute que l’État doit savoir, en cas de défense, qui est disponible — d’où le recensement et l’examen obligatoire — et qu’une conscription partielle devrait être discutée si les chiffres ne sont pas atteints.[7][8]
- Pour la CDU/CSU (Norbert Röttgen), la loi répond à la menace russe : la Bundeswehr a besoin non seulement d’équipement mais de plus de soldats, et la loi contient un plan de croissance « assorti de chiffres concrets ». Pour le SPD (Siemtje Möller), le Bundestag garde la main et déciderait séparément de toute conscription selon les besoins.[3]
- L’Association de la Bundeswehr (DBwV) soutient l’échange automatisé de données avec les registres de population et juge l’examen obligatoire d’une classe d’âge entière « attendu depuis longtemps et sans alternative plausible » — tout en avertissant que la loi seule ne réglera pas le problème des effectifs, dont l’enjeu réel porte sur les militaires engagés plus longtemps.[5]
Selon ses opposants
- Plusieurs experts entendus par la commission de la défense — l’historien militaire Sönke Neitzel, le président du DBwV André Wüstner et le général de corps d’armée en retraite Joachim Wundrak — ont douté que le seul volontariat permette d’atteindre l’effectif visé, jugé les objectifs eux-mêmes « flous » ou insuffisants, et voulaient inscrire dès maintenant dans la loi un mécanisme d’obligation (comme une conscription sélective à la suédoise).[4]
- Die Linke (Desiree Becker) rejette tout retour à la conscription, y compris selon les besoins, et estime que questionnaire et examen obligatoires n’ont rien à voir avec le volontariat ; sa proposition de supprimer l’obligation militaire de la Loi fondamentale a été rejetée.[3]
- Bündnis 90/Die Grünen (Sara Nanni), qui a pourtant soutenu l’exemption des dépenses de défense du frein à l’endettement, a voté contre : la loi n’apporte pas de réponse à des besoins de sécurité qui incluent aussi la protection civile, son questionnaire n’interroge pas sur un service civil, et seuls les hommes de 18 ans doivent le remplir.[3]
- Les représentants de la jeunesse entendus par la commission — la Conférence fédérale des élèves et le Conseil fédéral allemand de la jeunesse — ont reproché que les jeunes n’aient pas été consultés lors de la rédaction du projet et demandé qu’ils soient informés à égalité sur les services volontaires civils.[4]
Indicateurs à suivre
- Effectifs militaires actifs · Banque mondiale / IISSVoir la carte →
- Dépenses de défense en % du PIB · SIPRI / Banque mondialeVoir la carte →
- Rapport semestriel sur la croissance des effectifs et de la réserve (à partir de 2027) · BMVgpas encore de carte Citoyen
- Taux de réponse au questionnaire et nombre d’examens · BMVgpas encore de carte Citoyen
Sources
- [1]Gesetz zur Modernisierung des Wehrdienstes (Wehrdienst-Modernisierungsgesetz – WDModG) vom 22. Dezember 2025, BGBl. 2025 I Nr. 370 — Bundesgesetzblatt (Bundesministerium der Justiz und für Verbraucherschutz), 29 décembre 2025
- [2]Wehrpflichtgesetz (WPflG), konsolidierte Fassung, zuletzt geändert durch Art. 1 G v. 22.12.2025 I Nr. 370 — Bundesministerium der Justiz und für Verbraucherschutz — Gesetze im Internet
- [3]Namentliche Abstimmung: Gesetzentwurf zur Modernisierung des Wehrdienstes (Drucksachen 21/1853, 21/2581, 21/3076) — Deutscher Bundestag, 5 décembre 2025
- [4]Textarchiv: Geplantes neues Wehrdienstmodell erstmals beraten (16.10.2025) · Wehrdienst-Modernisierungsgesetz stößt auf Skepsis und Kritik (Anhörung, 10.11.2025) — Deutscher Bundestag, 10 novembre 2025
- [5]Ausschussdrucksache 21(12)236 — Stellungnahme des Sachverständigen Oberst André Wüstner, Deutscher BundeswehrVerband e.V., zur öffentlichen Anhörung zum Wehrdienst-Modernisierungsgesetz — Deutscher Bundestag, Verteidigungsausschuss, 9 novembre 2025
- [6]Neuer Wehrdienst (Themenseite, mit Fragen und Antworten) — Bundesministerium der Verteidigung
- [7]Bundestag stärkt personellen Aufwuchs und Durchhaltefähigkeit der Bundeswehr (Pressemitteilung) — Bundesministerium der Verteidigung, 5 décembre 2025
- [8]Stärkung der Verteidigungsbereitschaft: Bundestag beschließt Neuen Wehrdienst — Bundesministerium der Verteidigung, 5 décembre 2025
- [9]Bundesrat gibt grünes Licht für das Wehrdienst-Modernisierungsgesetz — Bundesministerium der Verteidigung, 19 décembre 2025
- [10]Neuer attraktiver Wehrdienst beschlossen — Die Bundesregierung
- [11]Rückläufer Fragebogen Neuer Wehrdienst (Pressemitteilung) — Bundesministerium der Verteidigung, 8 mai 2026
- [12]Neuer Wehrdienst erfolgreich gestartet: Funktionierende Wehrerfassung (Pressemitteilung) — Bundesministerium der Verteidigung, 24 juin 2026
- [13]Bundeswehr weiter auf gesetzlich festgelegtem Aufwuchspfad (Pressemitteilung, Stichtag 31. August 2026) — Bundesministerium der Verteidigung, 18 septembre 2026