Marché du travailRoyaume-Uni
Loi sur les droits des salariés de 2025 (Employment Rights Act 2025)
La loi du 18 décembre 2025 (chapitre 36), déposée en octobre 2024 sous le nom d’Employment Rights Bill, refond le droit du travail britannique : congés de paternité et parental dès le premier jour, indemnités maladie légales dès le premier jour d’arrêt, ancienneté requise pour contester un licenciement abusif ramenée de deux ans à six mois, encadrement du « fire and rehire », droit à des heures garanties pour les contrats zéro heure, abrogation de l’essentiel du Trade Union Act 2016 et création d’une Fair Work Agency. Elle entre en vigueur par étapes, de décembre 2025 à 2027.
Mise à jour : 5 novembre 2026Prochaine échéance : 1er janvier 2027 — Licenciement abusif : ancienneté requise de six mois et indemnité compensatoire déplafonnée
Fiche d’identité
Texte de référence
Employment Rights Act 2025 (c. 36) (loi de 2025 sur les droits liés à l’emploi)[1]
N° 2025 c. 36 · 18 décembre 2025
Lire le texte ↗Porteurs
- Angela Rayner[24]Vice-Première ministre — présentation du projet de loi en octobre 2024 · 2024 · Initiateur
- Jonathan Reynolds[24]Secrétaire d’État aux Entreprises et au Commerce lors du dépôt du projet de loi · 2024 · Initiateur
- Peter Kyle[26]Secrétaire d’État aux Entreprises et au Commerce lors de la sanction royale · 2025 · Modification
- Kate Dearden[26][21]Ministre chargée des droits des salariés — règlements d’entrée en vigueur · 2025-2026 · Mise en œuvre
Mise en œuvre
- Ministère des Entreprises et du Commerce (Department for Business and Trade)
- Fair Work Agency (agence de contrôle du droit du travail)
- Employeurs et tribunaux du travail (employment tribunals)
Statut
En vigueurdepuis le 18 février 2026[18][23][21]
Partiellement en vigueur, par étapes : mesures syndicales deux mois après la sanction royale, puis indemnités maladie, congés dès le premier jour et Fair Work Agency en avril 2026 ; restent à venir le licenciement abusif (janvier 2027), le « fire and rehire » (prévu en mars 2027) et les contrats zéro heure (date non fixée).
Objectif affiché
Lutter contre l’insécurité au travail et la stagnation du niveau de vie : un socle de sécurité et de prévisibilité pour les travailleurs précaires, des protections dès le premier jour, une meilleure conciliation entre travail et responsabilités familiales, un plancher de protections relevé pour que les bons employeurs ne soient plus concurrencés par le moins-disant, de meilleures relations sociales grâce aux syndicats et un contrôle unifié et renforcé du droit du travail — tout en limitant les freins à la croissance des entreprises.[29][24]
Selon le ministère des Entreprises et du Commerce (analyse économique et étude d’impact de synthèse, janvier 2026)
Effet sur le PIB
0,04 %
une fois la loi pleinement appliquée · selon le ministère des Entreprises et du Commerce (analyse économique de janvier 2026)[29]
« Faible effet direct positif sur la croissance » : hausse estimée du niveau du PIB.
Coût direct pour les entreprises, en part du coût total du travail
0,1 %
par an, une fois la loi pleinement appliquée · selon le ministère des Entreprises et du Commerce (analyse économique de janvier 2026)[29]
Estimation centrale d’environ 1 milliard de livres par an (coût direct net annuel équivalent pour les entreprises), « pas plus de » 0,1 % du coût du travail ; l’évaluation d’octobre 2024 donnait une fourchette de 0,9 à 5 milliards de livres.
Mesures principales
- Licenciement abusif : l’ancienneté requise passe de deux ans à six mois, le plafond de l’indemnité compensatoire est supprimé et cette durée ne peut plus être modifiée par règlement (à partir du 1er janvier 2027).[10][21]
- Contrats zéro heure et à faible volume horaire : obligation de proposer des heures garanties correspondant aux heures habituellement travaillées sur une période de référence, préavis raisonnable des horaires et paiement des créneaux annulés, déplacés ou écourtés au dernier moment ; applicable aussi aux intérimaires. Date d’application à fixer après consultation.[2][1][23]
- « Fire and rehire » : licencier un salarié parce qu’il refuse une « modification restreinte » de son contrat (rémunération, retraite, horaires, durée de travail, congés), ou pour le réembaucher, ou embaucher quelqu’un d’autre, à ces conditions modifiées, devient automatiquement abusif — sauf si l’employeur démontre que la modification visait à faire face à des difficultés financières menaçant la poursuite de son activité et ne pouvait raisonnablement être évitée.[12]
- Les indemnités maladie légales sont dues dès le premier jour d’arrêt (fin des jours de carence) et à tous les salariés quel que soit leur revenu, au plus faible de 118,75 £ par semaine ou de 80 % du salaire hebdomadaire habituel (depuis le 6 avril 2026).[4][5][20]
- Congés : congé de paternité et congé parental non rémunéré dès le premier jour (depuis le 6 avril 2026) ; nouveau droit au congé de deuil, y compris en cas de perte de grossesse ; une demande de travail flexible ne peut être refusée que pour des motifs listés et si le refus est raisonnable.[6][7][8][3][23]
- Syndicats : abrogation de la loi sur le service minimum et de l’essentiel du Trade Union Act 2016 (seuil de 40 % de soutien dans les votes de grève, préavis, fonds politiques), vote électronique et sur le lieu de travail, droit d’accès aux lieux de travail et procédure de reconnaissance simplifiée. La suppression du seuil de participation de 50 % suppose une déclaration préalable du ministre sur l’effet du vote électronique.[13][14][15][18][23]
- Fair Work Agency : un organisme public unique de contrôle (congés payés, salaire minimum, agences d’emploi, exploitation au travail) pouvant notifier des arriérés de salaire, infliger des pénalités et saisir les tribunaux du travail ; la Gangmasters and Labour Abuse Authority et le Director of Labour Market Enforcement sont supprimés.[1][16][28][24]
- Autres mesures : obligation de prendre « toutes les mesures raisonnables » contre le harcèlement sexuel, y compris par des tiers ; protection contre le licenciement des femmes enceintes et des jeunes mères ; plans d’action pour l’égalité ; délai de saisine des tribunaux du travail porté de trois à six mois.[9][11][17][1]
En données
Taux d'emploi (15-64)
75,1%
T2 2026
Taux de postes vacants
2,2%
T2 2026
Chiffres clés
Taux de chômage (BIT)
4,9%
T2 2026
Travailleurs en contrat zéro heure
1 000 000
à la sanction royale (décembre 2025) · Observé
selon le gouvernement (« plus d’un million »)[26]
Salariés modestes accédant aux indemnités maladie légales
1 300 000
à partir d’avril 2026 · Annoncé
selon le gouvernement (« jusqu’à 1,3 million »)[26]
Chronologie
- En débat
Dépôt de l’Employment Rights Bill au Parlement[24]
Présentation du projet : protection contre le licenciement abusif prévue « dès le premier jour »[24]
Le gouvernement présente 28 réformes. Dans sa version initiale, le projet supprime la condition de deux ans d’ancienneté pour contester un licenciement abusif, avec une consultation sur une période d’essai légale pour les nouvelles embauches.
Le Regulatory Policy Committee juge l’étude d’impact « inadaptée » (not fit for purpose)[30][31]
L’organe indépendant de contrôle de la réglementation attribue la note « rouge » : huit des 23 études d’impact individuelles sont jugées inadaptées, dont six parmi les mesures au plus fort impact (notamment le droit contre le licenciement abusif dès le premier jour).
Compromis sur le licenciement abusif : ancienneté requise de six mois[25]
Après des discussions organisées par le gouvernement entre syndicats et représentants des entreprises, le droit dès le premier jour est remplacé par une réduction de l’ancienneté requise de 24 à 6 mois, avec suppression du plafond d’indemnisation, afin que le projet obtienne la sanction royale dans les délais.
- En vigueur
Entrée en vigueur d’une première vague de dispositions[18][23][21]
Partiellement en vigueur, par étapes : mesures syndicales deux mois après la sanction royale, puis indemnités maladie, congés dès le premier jour et Fair Work Agency en avril 2026 ; restent à venir le licenciement abusif (janvier 2027), le « fire and rehire » (prévu en mars 2027) et les contrats zéro heure (date non fixée).
Indemnités maladie et congés familiaux dès le premier jour[20][19][23]
Indemnités maladie légales sans jours de carence ni seuil de revenu ; congé de paternité et congé parental non rémunéré dès le premier jour ; doublement de la durée maximale de l’indemnité de protection en cas de licenciement collectif.
Un règlement fixe au 1er janvier 2027 les nouvelles règles du licenciement abusif[21]
OBR : impact probablement négatif sur l’économie, sous son seuil d’ajustement[33]
Dans ses perspectives économiques et budgétaires d’octobre 2026, l’Office for Budget Responsibility évalue la loi pour la première fois. Il estime qu’elle pèsera probablement sur la production potentielle (incertitude, perte de flexibilité et hausse des coûts du travail pour les entreprises), mais ne trouve pas de preuve claire que l’effet dépasse son seuil de 0,1 % ; il n’ajuste donc pas explicitement sa prévision.
- À venir — l’issue n’est pas connue
Protections contre le « fire and rehire » (prévues)[23]
Calendrier du gouvernement, sous réserve de la procédure parlementaire ; aucun règlement d’entrée en vigueur n’avait été pris au 5 novembre 2026.
- À venir — l’issue n’est pas connue
Congé de deuil, y compris en cas de perte de grossesse, et plans d’action obligatoires pour l’égalité (prévus)[23]
Calendrier du gouvernement : également le seuil apprécié à l’échelle de l’entreprise pour la consultation sur les licenciements collectifs et l’extension des protections contre les listes noires.
Termes du débat
Citoyen ne prend pas position : les arguments sont rapportés tels que les formulent leurs auteurs.
Selon ses défenseurs
- Le gouvernement affirme que plus de 15 millions de travailleurs en bénéficieront, dont les moins bien payés et les plus précaires, et que des salariés plus heureux et en meilleure santé sont plus productifs et restent plus longtemps en poste.[26]
- Le TUC y voit « la plus grande avancée des droits des travailleurs depuis une génération », qui rapproche le Royaume-Uni de ses voisins européens, et demande un droit dérivé « étanche » pour que ces droits s’appliquent pleinement et vite.[27]
- Le ministère des Entreprises et du Commerce prévoit un coût direct modeste (environ 0,1 % du coût du travail, en grande partie transféré aux salariés), un léger effet positif sur l’emploi (environ 0,1 %) et sur le PIB (0,04 %), et juge faibles les risques pour l’embauche.[29]
Selon ses opposants
- L’Office for Budget Responsibility a estimé en mars 2025 qu’une telle réglementation aurait « probablement des effets significatifs et sans doute nets négatifs » sur l’emploi, les prix et la productivité ; en octobre 2026, il conclut que la loi pèsera probablement sur l’économie (incertitude, perte de flexibilité, hausse des coûts du travail), même si l’effet reste sous son seuil de 0,1 %.[32][33]
- Le Regulatory Policy Committee a jugé l’étude d’impact du projet « inadaptée » en novembre 2024 : preuves insuffisantes de la nécessité d’intervenir, peu d’options alternatives examinées et évaluation lacunaire des effets sur les petites entreprises ; il n’a pas examiné la mise à jour de janvier 2026.[30][31]
- La Federation of Small Businesses a déclaré que « la crainte d’être poursuivi dès le premier jour était la principale inquiétude » suscitée par le texte, ce qui l’a conduite à négocier l’ancienneté de six mois, et veut que les points restants soient réglés dans le droit dérivé.[27]
- L’analyse du gouvernement reconnaît elle-même que les coûts seront proportionnellement plus élevés pour les petites et microentreprises et pourraient être plus lourds, au moins à court terme, pour celles qui recourent aux contrats flexibles ou aux emplois peu rémunérés.[29]
Indicateurs à suivre
- Taux de chômage · ONSVoir la carte →
- Taux d’emploi · ONSVoir la carte →
- Taux d’emplois vacants · ONSVoir la carte →
- Personnes en contrat zéro heure · ONSpas encore de carte Citoyen
- Salaire minimum rapporté au salaire médian · ONS / Low Pay Commissionpas encore de carte Citoyen
- Écart de rémunération femmes-hommes · ONSpas encore de carte Citoyen
- Journées de travail perdues pour fait de grève · ONSpas encore de carte Citoyen
Sources
- [1]Employment Rights Act 2025 (c. 36) — as enacted — legislation.gov.uk (The National Archives), 18 décembre 2025
- [2]Employment Rights Act 2025, section 1 — Right to guaranteed hours — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [3]Employment Rights Act 2025, section 9 — Right to request flexible working — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [4]Employment Rights Act 2025, section 10 — Statutory sick pay in Great Britain: removal of waiting period — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [5]Employment Rights Act 2025, section 11 — Statutory sick pay in Great Britain: lower earnings limit etc — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [6]Employment Rights Act 2025, section 15 — Parental leave: removal of qualifying period of employment — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [7]Employment Rights Act 2025, section 16 — Paternity leave: removal of qualifying period of employment — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [8]Employment Rights Act 2025, section 18 — Bereavement leave — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [9]Employment Rights Act 2025, section 20 — Employers to take all reasonable steps to prevent sexual harassment — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [10]Employment Rights Act 2025, section 25 — Right not to be unfairly dismissed: qualifying period and compensation — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [11]Employment Rights Act 2025, section 26 — Dismissal during pregnancy — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [12]Employment Rights Act 2025, section 28 — Dismissal for failing to agree to variation of contract, etc — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [13]Employment Rights Act 2025, section 68 — Industrial action ballots: turnout threshold — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [14]Employment Rights Act 2025, section 69 — Industrial action ballots: support thresholds — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [15]Employment Rights Act 2025, section 78 — Repeal of provision about minimum service levels — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [16]Employment Rights Act 2025, section 148 — Abolition of existing enforcement authorities — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [17]Employment Rights Act 2025, section 152 — Increase in time limits for making claims — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [18]Employment Rights Act 2025, section 159 — Commencement — legislation.gov.uk, 18 décembre 2025
- [19]The Employment Rights Act 2025 (Commencement No. 2 and Transitional and Saving Provisions) (Amendment) Regulations 2026 (S.I. 2026/323) — legislation.gov.uk, 16 mars 2026
- [20]The Employment Rights Act 2025 (Commencement No. 3 and Transitional Provisions) Regulations 2026 (S.I. 2026/373) — legislation.gov.uk, 25 mars 2026
- [21]The Employment Rights Act 2025 (Commencement No. 4 and Transitional and Saving Provisions) Regulations 2026 (S.I. 2026/559) — legislation.gov.uk, 26 mai 2026
- [22]The Employment Rights Act 2025 (Commencement No. 6 and Transitional and Saving Provisions) Regulations 2026 (S.I. 2026/1065) — legislation.gov.uk, 1er octobre 2026
- [23]Plan to Make Work Pay and Employment Rights Act: timeline update — Department for Business and Trade (GOV.UK), 5 novembre 2026
- [24]Government unveils significant reforms to employment rights — Department for Business and Trade (GOV.UK), 10 octobre 2024
- [25]An update on the Employment Rights Bill — Department for Business and Trade (GOV.UK), 27 novembre 2025
- [26]New laws bring the world of work into the 21st century — Department for Business and Trade (GOV.UK), 18 décembre 2025
- [27]Businesses, unions and civil society leaders welcome Royal Assent of Employment Rights Act — Department for Business and Trade (GOV.UK), 18 décembre 2025
- [28]Fair Work Agency Advisory Board appointed ahead of April launch — Department for Business and Trade (GOV.UK), 24 mars 2026
- [29]Employment Rights Act 2025: economic analysis (and enactment summary impact assessment) — Department for Business and Trade, janvier 2026
- [30]RPC opinion: Employment Rights Bill (RPC-DBT-24003-IA(1)) — Regulatory Policy Committee, 21 novembre 2024
- [31]RPC opinion: Employment Rights Bill impact assessment — Regulatory Policy Committee (GOV.UK), 25 novembre 2024
- [32]Economic and fiscal outlook – March 2025 — Office for Budget Responsibility, 26 mars 2025
- [33]Economic and fiscal outlook – October 2026 — Office for Budget Responsibility, 28 octobre 2026