Cohésion sociale, pauvreté & inégalitésItalie

En vigueurPartiellement censurée : transferts limités à des fonctions précises justifiées par la subsidiarité ; délégation et procédures de fixation des niveaux essentiels des prestations (LEP) annulées. Le Parlement n’a pas modifié le texte depuis.

Loi sur l’autonomie différenciée des régions à statut ordinaire (loi Calderoli, 2024)

La loi n° 86 du 26 juin 2024 fixe la procédure par laquelle une région à statut ordinaire peut obtenir de l’État des compétences supplémentaires au titre de l’article 116, alinéa 3, de la Constitution, par un accord (intesa) approuvé par le Parlement. En décembre 2024, la Cour constitutionnelle a censuré ou réécrit plusieurs dispositions : seules des fonctions précises, justifiées par la subsidiarité, peuvent être transférées, et la délégation pour fixer les niveaux essentiels des prestations (LEP) est tombée. En janvier 2025, elle a déclaré irrecevable le référendum abrogatif. En octobre 2026, le gouvernement a approuvé des accords avec la Ligurie, la Lombardie, le Piémont et la Vénétie sur quatre matières ; les quatre projets de loi sont devant la Chambre des députés.

Mise à jour : 5 novembre 2026Prochaine échéance : 20 janvier 2027 – 28 janvier 2027 — Dates butoirs du vote en séance à la Chambre : Vénétie (20 janv.), Ligurie (21 janv.), Lombardie (27 janv.), Piémont (28 janv. 2027)

Fiche d’identité

Texte de référence

Legge 26 giugno 2024, n. 86 — Disposizioni per l’attuazione dell’autonomia differenziata delle Regioni a statuto ordinario ai sensi dell’articolo 116, terzo comma, della Costituzione (Dispositions pour la mise en œuvre de l’autonomie différenciée des régions à statut ordinaire au titre de l’article 116, alinéa 3, de la Constitution)[1]

N° 86/2024 · 26 juin 2024

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Porteurs

  • Roberto Calderoli[2][8][9]Ministre des Affaires régionales et des Autonomies (Ministro per gli affari regionali e le autonomie), gouvernement Meloni · 2023-2026 · Initiateur
  • Giorgia Meloni[2]Présidente du Conseil des ministres — co-auteure du projet de loi (projet n° 615 au Sénat) · 2023 · Initiateur
  • Attilio Fontana, Alberto Cirio, Marco Bucci, Alberto Stefani[8]Présidents des régions Lombardie, Piémont, Ligurie et Vénétie — présents au Conseil des ministres qui a approuvé les accords préliminaires · 2026 · Mise en œuvre

Mise en œuvre

Statut

En vigueur

depuis le 5 décembre 2024[1][3]

Partiellement censurée : transferts limités à des fonctions précises justifiées par la subsidiarité ; délégation et procédures de fixation des niveaux essentiels des prestations (LEP) annulées. Le Parlement n’a pas modifié le texte depuis.

Objectif affiché

Fixer les principes et la procédure pour accorder aux régions à statut ordinaire des formes supplémentaires d’autonomie au titre de l’article 116, alinéa 3, de la Constitution — afin, selon la loi, de supprimer les discriminations et les disparités d’accès aux services essentiels, de simplifier et d’accélérer les procédures, de renforcer la responsabilité et la transparence — dans le respect de l’unité nationale, en subordonnant les transferts liés aux droits civils et sociaux à la fixation préalable des niveaux essentiels des prestations (LEP).[1][8]

Selon l’article 1 de la loi 86/2024 et le gouvernement (Conseil des ministres du 18 février 2026)

Mesures principales

  • Procédure : demande de la région → négociation avec le gouvernement → schéma préliminaire approuvé en Conseil des ministres → avis de la Conférence unifiée (60 jours) → actes d’orientation des chambres (90 jours) → schéma définitif approuvé par la région et le Conseil des ministres → projet de loi avec l’accord annexé, transmis au Parlement.[1]
  • Les fonctions liées aux niveaux essentiels des prestations (LEP) ne peuvent être transférées qu’après la fixation de ces niveaux et de leurs coûts standards, dans les limites des crédits de la loi de finances ; si les LEP coûtent davantage, le financement doit d’abord couvrir tout le territoire, y compris les régions sans accord. Depuis l’arrêt 192/2024, seules des fonctions précises peuvent être transférées et la demande régionale doit être justifiée au regard de la subsidiarité.[1][3]
  • Les fonctions transférées sont financées par des parts du produit d’impôts nationaux perçu dans la région ; aucune charge nouvelle pour les finances publiques, neutralité financière garantie aux régions sans accord, péréquation pour les territoires à plus faible capacité fiscale par habitant.[1]
  • Les accords durent au plus dix ans et sont reconduits tacitement sauf opposition de l’État ou de la région douze mois avant l’échéance ; y mettre fin exige une loi votée à la majorité absolue, y compris si la région ne garantit pas les LEP.[1]
  • Accords de 2026 : ordonnances régionales dérogeant aux règles de l’État en cas d’urgence locale (avec autorisation du Conseil des ministres, deux ans au plus) ; réglementation de professions d’intérêt régional (hors professions ordinales et de santé) ; retraite complémentaire régionale ; en santé, tarifs propres financés sur le budget régional, gestion autonome des crédits d’investissement de l’État, fonds sanitaires complémentaires et réemploi des économies — sous réserve des niveaux essentiels d’assistance (LEA) et de l’équilibre financier, sans toucher au financement du service national de santé.[9]

En données

Dépense de santé

8,4% PIB

2024

Moyenne nationale : les accords de 2026 sur la santé ne doivent pas modifier le financement du service national de santé.

Chiffres clés

Régions dont l’accord définitif a été approuvé par le gouvernement

4

octobre 2026 · Observé

selon le Conseil des ministres[9]

Ligurie, Lombardie, Piémont et Vénétie ; les accords doivent encore être approuvés par le Parlement.

Matières couvertes par les accords de 2026

4

2026 · Observé

selon le Conseil des ministres[9]

Protection civile ; professions ; retraite complémentaire ; protection de la santé – coordination des finances publiques.

Électeurs à l’origine de la demande de référendum abrogatif

500 000

2024 · Observé

selon l’arrêt n° 10/2025 de la Cour constitutionnelle[4]

S’y ajoutent cinq conseils régionaux ; le référendum a été déclaré irrecevable.

Taux de pauvreté

18,9%

2024

Chronologie

  1. Annoncée

    Dépôt du projet de loi du gouvernement au Sénat (S. 615)[2]

  2. En débat

    Début de l’examen en commission des affaires constitutionnelles du Sénat[2][5]

  3. Le Sénat adopte le projet en première lecture[2][5]

  4. Adoptée

    Adoption définitive par la Chambre des députés[2][5]

  5. En vigueur

    Entrée en vigueur (publication à la Gazzetta Ufficiale le 28 juin 2024)[1]

  6. La Vénétie, le Piémont, la Ligurie et la Lombardie ont demandé l’ouverture de négociations[6][5]

    Le ministre informe le Conseil des ministres que les demandes des quatre régions ont été transmises au gouvernement. Les négociations s’ouvrent le 3 octobre 2024.

  7. Arrêt n° 192/2024 de la Cour constitutionnelle : loi validée dans son ensemble, plusieurs dispositions censurées[3]

    Saisie par les Pouilles, la Toscane, la Campanie et la Sardaigne (la Vénétie, le Piémont et la Lombardie intervenant pour défendre la loi), la Cour rejette le recours contre la loi dans son ensemble mais juge que l’article 116, alinéa 3, ne permet de transférer que des fonctions précises, sur une justification motivée au regard de la subsidiarité, et non des matières entières. Elle censure la délégation au gouvernement pour fixer les LEP, leur mise à jour par décret du président du Conseil et le caractère facultatif de la contribution des régions différenciées aux objectifs de finances publiques. Arrêt déposé le 3 décembre 2024. La Cour ajoute que le Parlement peut amender les accords ; une modification substantielle impose de les renégocier avec la région.

  8. En vigueur

    En vigueur dans la version issue de l’arrêt n° 192/2024 de la Cour constitutionnelle[1][3]

    Partiellement censurée : transferts limités à des fonctions précises justifiées par la subsidiarité ; délégation et procédures de fixation des niveaux essentiels des prestations (LEP) annulées. Le Parlement n’a pas modifié le texte depuis.

  9. La Cour de cassation déclare conforme la demande de référendum d’abrogation totale[4][5]

    Demande portée par 500 000 électeurs et par les conseils régionaux de Campanie, d’Émilie-Romagne, des Pouilles, de Toscane et de Sardaigne ; la question est reformulée pour viser la loi « telle qu’elle résulte » de l’arrêt n° 192/2024. La demande d’abrogation partielle est jugée non conforme.

  10. Arrêt n° 10/2025 de la Cour constitutionnelle : référendum abrogatif irrecevable[4]

    L’arrêt n° 192/2024 n’ayant laissé subsister qu’un « contenu minimal » de la loi, la Cour juge la question obscure quant à son objet et à sa finalité : le vote deviendrait un choix pour ou contre le régionalisme différencié lui-même, c’est-à-dire sur l’article 116, alinéa 3, de la Constitution, qui ne peut être modifié que par une révision constitutionnelle. Arrêt déposé le 7 février 2025.

  11. Le Conseil des ministres approuve un nouveau projet de loi de délégation pour fixer les LEP[7][5]

    33 articles assortis de critères propres à chaque matière, destinés à apporter les correctifs exigés par l’arrêt n° 192/2024 ; décrets législatifs dans les neuf mois suivant l’entrée en vigueur, santé exclue. Transmis au Sénat le 11 août 2025 (A.S. 1623).

  12. Signature d’accords préliminaires avec la Vénétie, la Lombardie, le Piémont et la Ligurie[5]

  13. Audition de l’Office parlementaire du budget (UPB) sur le projet de délégation LEP[10]

    Devant la commission des affaires constitutionnelles du Sénat, l’UPB juge le projet difficilement applicable dans les délais fixés : neuf mois paraissent très courts vu le nombre de fonctions et la nécessité de chiffrer en même temps les coûts standards.

  14. Le Conseil des ministres approuve les schémas d’accord préliminaire avec les quatre régions[8][5]

    Deux schémas par région : protection civile, professions et retraite complémentaire d’une part ; protection de la santé et coordination des finances publiques d’autre part. La Conférence unifiée a rendu son avis le 2 avril 2026.

  15. Le Sénat (16 juillet) et la Chambre (21-22 juillet) adoptent leurs actes d’orientation sur les schémas[5]

  16. Les quatre conseils régionaux approuvent les accords définitifs[5]

    Vénétie le 3 septembre, Ligurie le 9 septembre, Lombardie le 10 septembre et Piémont le 22 septembre 2026.

  17. Le Conseil des ministres approuve les accords définitifs et quatre projets de loi pour les ratifier[9]

  18. Dépôt des projets de loi à la Chambre des députés (A.C. 3161 à 3164), comme textes liés au budget[11][12][13][14]

  19. La Chambre fixe des dates butoirs pour le vote en séance des quatre projets[15]

    Décision adoptée par un vote électronique sans enregistrement des noms, malgré l’opposition du PD, du M5S, d’AVS et d’Azione, qui contestent le recours à la procédure accélérée des textes liés au budget pour des lois exigeant la majorité absolue au titre de l’article 116, alinéa 3.

  20. Étape en cours

    Examen des quatre projets en commission des affaires constitutionnelles de la Chambre[5][14]

    Le projet de délégation sur les LEP (A.S. 1623) est toujours devant le Sénat.

  21. À venir — l’issue n’est pas connue

    Dates butoirs du vote en séance à la Chambre : Vénétie (20 janv.), Ligurie (21 janv.), Lombardie (27 janv.), Piémont (28 janv. 2027)[15][3]

    Chaque loi devra ensuite être votée aussi par le Sénat, à la majorité absolue des membres dans chacune des deux chambres.

Termes du débat

Citoyen ne prend pas position : les arguments sont rapportés tels que les formulent leurs auteurs.

Selon ses défenseurs

  • Le gouvernement fait valoir que les transferts reposent sur le principe de subsidiarité et valorisent les potentialités des territoires dans le respect de l’unité de la République, après un examen « rigoureux » de chaque demande fondé sur le modèle européen d’évaluation de la subsidiarité.[8]
  • Selon la loi elle-même, fixer d’abord les LEP et les financer sur tout le territoire doit supprimer les disparités d’accès aux services essentiels et résorber les écarts territoriaux, avec une neutralité financière pour les régions qui ne signent pas d’accord.[1]
  • La Vénétie, le Piémont et la Lombardie sont intervenus devant la Cour constitutionnelle pour défendre la loi ; la Cour a rejeté les recours visant la loi dans son ensemble.[3]
  • Pour le gouvernement, les accords sur la santé sont neutres pour l’État et les autres régions, et restent conditionnés au respect des niveaux essentiels d’assistance et à l’équilibre des comptes de santé de la région, vérifiés chaque trimestre.[9]

Selon ses opposants

  • Les Pouilles, la Toscane, la Campanie et la Sardaigne ont attaqué la loi ; la Cour a jugé qu’elle permettait de transférer des matières entières sans justification et confiait au gouvernement une délégation « en blanc » pour fixer les LEP, dispositions qu’elle a censurées.[3]
  • 500 000 électeurs et cinq conseils régionaux ont demandé l’abrogation totale de la loi par référendum ; la Cour constitutionnelle a déclaré la demande irrecevable.[4]
  • L’Office parlementaire du budget (UPB) juge le nouveau projet de délégation sur les LEP difficile à appliquer dans les délais, ses critères spécifiques relevant souvent d’un recensement de mesures existantes plutôt que de véritables objectifs.[10]
  • À la Chambre, l’opposition (PD, M5S, AVS, Azione) soutient que les accords creuseront les inégalités entre régions, que les quatre schémas sont quasi identiques, qu’ils apportent « une autonomie vide » sans financement et que la procédure accélérée réduit le rôle du Parlement.[15]

Indicateurs à suivre

  • Dépenses de santé en % du PIB · OCDEVoir la carte →
  • Taux de pauvreté · Eurostat / OCDEVoir la carte →
  • Espérance de vie à la naissance · OCDEVoir la carte →
  • Respect des niveaux essentiels d’assistance (LEA) par région · Ministero della Salutepas encore de carte Citoyen

Sources

  1. [1]Legge 26 giugno 2024, n. 86 — Disposizioni per l’attuazione dell’autonomia differenziata delle Regioni a statuto ordinario ai sensi dell’articolo 116, terzo comma, della Costituzione (GU n. 150 del 28-06-2024), testo vigente — Normattiva (Presidenza del Consiglio dei ministri), 28 juin 2024
  2. [2]Legge 26 giugno 2024, n. 86 — Lavori preparatori (Senato atto n. 615, Camera atto n. 1665) — Gazzetta Ufficiale della Repubblica italiana, 28 juin 2024
  3. [3]Corte costituzionale, sentenza n. 192 del 2024 (14 novembre - 3 dicembre 2024), GU 1ª Serie speciale - Corte costituzionale n. 49 del 4-12-2024 — Gazzetta Ufficiale della Repubblica italiana, 4 décembre 2024
  4. [4]Corte costituzionale, sentenza n. 10 del 2025 (20 gennaio - 7 febbraio 2025), ammissibilità del referendum sulla legge n. 86 del 2024, GU 1ª Serie speciale - Corte costituzionale n. 7 del 12-2-2025 — Gazzetta Ufficiale della Repubblica italiana, 12 février 2025
  5. [5]Le Regioni e l’autonomia differenziata (tema, ultimo aggiornamento 4 novembre 2026) — Camera dei deputati — Servizio Studi, 4 novembre 2026
  6. [6]Comunicato stampa del Consiglio dei ministri n. 90 (26 luglio 2024) — Governo italiano — Presidenza del Consiglio dei ministri, 26 juillet 2024
  7. [7]Comunicato stampa del Consiglio dei ministri n. 128 (19 maggio 2025) — Delega al Governo per la determinazione dei livelli essenziali delle prestazioni — Governo italiano — Presidenza del Consiglio dei ministri, 19 mai 2025
  8. [8]Comunicato stampa del Consiglio dei ministri n. 162 (18 febbraio 2026) — Intese preliminari con le Regioni Liguria, Lombardia, Piemonte e Veneto — Governo italiano — Presidenza del Consiglio dei ministri, 18 février 2026
  9. [9]Comunicato stampa del Consiglio dei ministri n. 192 (13 ottobre 2026) — Autonomia differenziata: intese definitive e disegni di legge — Governo italiano — Presidenza del Consiglio dei ministri, 13 octobre 2026
  10. [10]Audizione sul DDL n. 1623 contenente la delega al Governo per la determinazione dei livelli essenziali delle prestazioni — Sintesi — Ufficio parlamentare di bilancio, 22 janvier 2026
  11. [11]A.C. 3161 — Attribuzione alla regione Liguria di ulteriori forme e condizioni particolari di autonomia (scheda dei lavori preparatori) — Camera dei deputati, 22 octobre 2026
  12. [12]A.C. 3162 — Attribuzione alla regione Lombardia di ulteriori forme e condizioni particolari di autonomia (scheda dei lavori preparatori) — Camera dei deputati, 22 octobre 2026
  13. [13]A.C. 3163 — Attribuzione alla regione Piemonte di ulteriori forme e condizioni particolari di autonomia (scheda dei lavori preparatori) — Camera dei deputati, 22 octobre 2026
  14. [14]A.C. 3164 — Attribuzione alla regione Veneto di ulteriori forme e condizioni particolari di autonomia (scheda dei lavori preparatori) — Camera dei deputati, 22 octobre 2026
  15. [15]Resoconto stenografico dell’Assemblea, seduta n. 737 di martedì 3 novembre 2026 — Camera dei deputati, 3 novembre 2026