Marché du travailJapon
Réforme du « style de travail » : le plafond légal des heures supplémentaires (loi de 2018)
La loi de réforme du « style de travail » du 6 juillet 2018 a inscrit dans la loi sur les normes du travail, sous peine de sanctions, un plafond des heures supplémentaires : 45 heures par mois et 360 par an en principe, et jamais plus de 720 heures par an, moins de 100 heures dans un mois et 80 heures en moyenne sur deux à six mois, travail des jours de repos compris pour ces deux dernières limites. Il s’applique depuis avril 2019 dans les grandes entreprises et avril 2020 dans les PME ; les conducteurs routiers, le bâtiment et les médecins n’y sont soumis que depuis avril 2024, avec des plafonds dérogatoires — jusqu’à 960 heures par an pour les conducteurs et 1 860 pour certains médecins. Depuis octobre 2025, le gouvernement réexamine les règles du temps de travail ; aucune modification du plafond n’a été adoptée.
Mise à jour : 5 novembre 2026Prochaine échéance : avril 2027 — Trois ans de plafonds d’heures supplémentaires des médecins : réexamen prévu par l’arrêté
Fiche d’identité
Texte de référence
働き方改革を推進するための関係法律の整備に関する法律 (loi relative à l’adaptation des lois connexes pour promouvoir la réforme du style de travail), loi n° 71 de 2018[1][3]
N° 平成30年法律第71号 · 6 juillet 2018
Lire le texte ↗Porteurs
- Katō Katsunobu (加藤勝信)[4]Ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales — a présenté le projet de loi à la Chambre des représentants (27 avril 2018) · 2018 · Initiateur
- Takaichi Sanae (高市早苗)[13][14]Première ministre — a demandé au ministre du Travail d’étudier un assouplissement de la réglementation du temps de travail « à condition de préserver la santé physique et mentale et sur le choix du salarié » (octobre 2025) · 2025-2026 · Modification
- Ueno Ken’ichirō (上野賢一郎)[13][14][15]Ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales — pilote le réexamen de la législation sur les normes du travail par le Conseil de la politique du travail · 2025-2026 · Mise en œuvre
Mise en œuvre
Objectif affiché
Corriger les longues durées de travail pour « ne plus jamais répéter le karoshi » (mort par surmenage), et bâtir une société où chacun peut choisir une façon de travailler adaptée à sa situation, avec un traitement équitable quel que soit le type de contrat.[4][2]
Selon le ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales présentant le projet (27 avril 2018) et le résumé de la loi par le ministère
Limite de principe des heures supplémentaires par mois (heures)
45
depuis 2019 (grandes entreprises) et 2020 (PME) · loi sur les normes du travail, art. 36, al. 4[9]
42 heures en cas de modulation annuelle du temps de travail.
Limite de principe des heures supplémentaires par an (heures)
360
depuis 2019 (grandes entreprises) et 2020 (PME) · loi sur les normes du travail, art. 36, al. 4[9]
Plafond annuel absolu en cas de clause exceptionnelle (heures)
720
depuis 2019 (grandes entreprises) et 2020 (PME) · loi sur les normes du travail, art. 36, al. 5[9]
Hors travail des jours de repos ; les limites mensuelles de moins de 100 heures et de 80 heures en moyenne sur deux à six mois l’incluent. La limite de 45 heures par mois ne peut être dépassée que six mois par an au plus.
Mesures principales
- Les heures supplémentaires ne sont licites qu’en vertu d’un accord écrit avec le syndicat majoritaire ou un représentant de la majorité des salariés, déposé auprès de l’inspection du travail (« accord de l’article 36 »). La loi plafonne ce qu’il peut autoriser : 45 heures par mois et 360 par an en principe ; avec une clause exceptionnelle pour des pics imprévisibles, jusqu’à 720 heures par an, six mois par an au plus.[9][2]
- Limites absolues en toute hypothèse, travail des jours de repos compris : moins de 100 heures dans un mois et pas plus de 80 heures par mois en moyenne sur toute période de deux à six mois. Leur violation est passible de six mois d’emprisonnement au plus ou d’une amende de 300 000 yens au plus.[9]
- Bâtiment : règle générale depuis avril 2024, sauf pour les travaux de rétablissement et de reconstruction après catastrophe, exemptés pour le moment des limites mensuelles de 100 et 80 heures.[9][2]
- Conducteurs de camions, bus et taxis : depuis avril 2024, plafond de 960 heures par an en clause exceptionnelle (hors jours de repos), sans les limites mensuelles de 100 et 80 heures ni la règle des six mois ; le gouvernement doit continuer d’étudier l’application de la règle générale.[9][1]
- Médecins : depuis avril 2024, 960 heures supplémentaires et de jours de repos par an en général, et jusqu’à 1 860 heures dans les établissements désignés pour l’offre de soins régionale ou la formation intensive ; au-delà de 100 heures dans un mois, un entretien médical du médecin et des mesures de suivi sont obligatoires.[9][10][11]
- La recherche et le développement de nouvelles technologies, de nouveaux produits ou services sont exemptés du plafond ; un entretien médical est obligatoire au-delà d’un certain nombre d’heures.[9][2]
En données
Règles en vigueur en 2026 (secteurs différés depuis avril 2024), heures par an
| Secteur | Plafond annuel (heures) |
|---|---|
| Règle générale — sans clause exceptionnelle | 360 |
| Règle générale et bâtiment — clause exceptionnelle | 720 |
| Conducteurs routiers — clause exceptionnelle | 960 |
| Médecins — cas général (Jours de repos compris.) | 960 |
| Médecins — établissements désignés (soins régionaux, formation) (Jours de repos compris.) | 1 860 |
Échelle à partir de 0 · Les plafonds ne sont pas strictement comparables : pour la règle générale, le bâtiment et les conducteurs, le travail des jours de repos est exclu du plafond annuel ; pour les médecins, il est inclus. Les travaux de reconstruction après catastrophe sont exemptés des limites mensuelles.
2018-2025, heures par mois, moyenne annuelle
| Année | Ensemble des secteurs | Bâtiment | Transport et poste |
|---|---|---|---|
| 2018 | 14,4 | 15,1 | 27 |
| 2019 | 14,3 | 15,5 | 26,9 |
| 2020 (Année de la Covid-19.) | 12,4 | 14,1 | 24,3 |
| 2021 | 13,2 | 14,5 | 25,3 |
| 2022 | 13,8 | 14,6 | 25,9 |
| 2023 | 13,8 | 14,4 | 25,8 |
| 2024 | 13,5 | 13,3 | 24,7 |
| 2025 | 13,2 | 13,5 | 24,1 |
Échelle à partir de 0 · Enquête mensuelle sur le travail, établissements de 5 salariés ou plus, salariés « généraux » (hors temps partiel), heures effectuées au-delà de l’horaire prévu. Niveaux tels que publiés dans les résultats définitifs de chaque année ; ce sont des moyennes, qui ne disent rien des durées les plus longues.
Chiffres clés
Plafond annuel d’heures supplémentaires des conducteurs routiers (heures)
960
depuis avril 2024 · Annoncé
loi sur les normes du travail, art. 140[9]
Hors travail des jours de repos.
Plafond annuel des médecins des établissements désignés (heures)
1 860
depuis avril 2024 · Annoncé
arrêté n° 6 de 2022 du ministère de la Santé et du Travail[11][10]
Heures supplémentaires et jours de repos cumulés ; 960 heures pour les autres médecins.
Salariés travaillant 60 heures ou plus par semaine, parmi ceux qui travaillent 40 heures ou plus
7,7 %
2025 · Observé
selon le livre blanc 2026 sur la prévention du karoshi (enquête sur la population active)[23]
En baisse de 0,3 point sur 2024 ; recul de long terme.
Cas indemnisés de maladies cérébrales et cardiaques liées au travail
217
exercice 2025 · Observé
selon le livre blanc 2026 sur la prévention du karoshi (salariés du privé)[23]
24 de moins qu’en 2024 (exercice), après une hausse depuis 2022.
Cas indemnisés de troubles mentaux liés au travail
1 082
exercice 2025 · Observé
selon le livre blanc 2026 sur la prévention du karoshi (salariés du privé)[23]
26 de plus qu’en 2024 (exercice) ; en hausse chaque année depuis 2019.
Manque possible de capacité de transport routier sans mesures
14 %
exercice 2024 (34 % en 2030) · Projection
selon la réunion ministérielle sur la logistique (plan du 2 juin 2023)[12]
Chronologie
- Annoncée
Projet de loi du Cabinet déposé à la Diète (196e session, projet n° 63)[3]
La Chambre des représentants adopte le projet de loi amendé[3]
Vote à la majorité : le Parti libéral-démocrate, le Komeito, le Nippon Ishin no Kai et le Kibō no Tō pour ; le Parti démocrate constitutionnel, le Parti démocrate du peuple, le groupe des indépendants, le Parti communiste, le Parti libéral et le Parti social-démocrate contre.
Promulgation comme loi n° 71 de 2018[3][2]
La même loi oblige aussi l’employeur à faire prendre cinq jours de congés payés par an, crée le régime des « professionnels hautement qualifiés » exemptés des règles du temps de travail, encourage les repos entre deux journées de travail et interdit les écarts de traitement injustifiés entre salariés réguliers et non réguliers.
Arrêté ministériel fixant les plafonds d’heures supplémentaires des médecins (en vigueur le 1er avril 2024)[11]
Les médecins des établissements désignés pour l’offre de soins régionale ou pour la formation intensive peuvent effectuer jusqu’à 1 860 heures supplémentaires et de jours de repos par an ; l’arrêté vise à ramener les plafonds liés à l’offre de soins régionale au niveau général des médecins (960 heures) d’ici le 31 mars 2036, avec un réexamen tous les trois ans.
Une réunion ministérielle adopte un plan logistique face au « problème de 2024 »[12]
Avec l’application du plafond aux chauffeurs routiers en avril 2024, le gouvernement avertit que, sans mesures, la capacité de transport pourrait manquer de 14 % en 2024 (exercice budgétaire) et de 34 % en 2030 ; le plan vise les temps d’attente et de chargement, le taux de remplissage, le report modal et les nouvelles livraisons.
- En vigueur
Fin du délai pour le bâtiment, les conducteurs routiers et les médecins — le « problème de 2024 »[9][10][11]
Pleinement en vigueur : bâtiment soumis à la règle générale (sauf limites mensuelles pour les travaux de reconstruction après catastrophe), conducteurs plafonnés à 960 heures par an, médecins à 960 ou 1 860 heures par an selon leur établissement.
- Étape en cours
Le Conseil de la politique du travail réexamine la législation sur les normes du travail, cinq ans après la loi[9][21][16][22]
La loi de 2018 impose au gouvernement d’examiner les règles des heures supplémentaires cinq ans après leur entrée en vigueur et de continuer à étudier la fin des régimes particuliers du bâtiment et des conducteurs. En septembre 2026, la sous-commission a prévu de se réunir deux à trois fois par mois ; en octobre 2026, elle a examiné le repos entre deux journées, un « droit à la déconnexion », le travail au forfait, les jours de repos — dont une limite au-delà de 13 jours de travail consécutifs — et le cumul d’emplois.
La nouvelle Première ministre demande un réexamen de la réglementation du temps de travail[13][14][21]
En vigueur sans modification ; le gouvernement étudie un assouplissement des règles du temps de travail « à condition de préserver la santé et sur le choix du salarié », examiné au Conseil de la politique du travail depuis l’été 2026. Aucune modification du plafond adoptée à novembre 2026.
Le Conseil de la politique du travail débat du plafond des heures supplémentaires[17][18]
Le ministère relève que les semaines de 60 heures ou plus ont reculé et que femmes et seniors travaillent davantage, mais que les cas de karoshi (mort par surmenage) augmentent. Le groupe d’experts avait jugé qu’il n’existait pas encore le consensus social nécessaire pour modifier le plafond lui-même.
Discours de politique générale : révision du travail au forfait, protection de la santé en cas de cumul d’emplois, télétravail[19]
La Première ministre annonce des travaux sur ces trois points « à partir des voix des travailleurs recueillies lors du bilan d’ensemble de la réforme du style de travail » ; le discours ne mentionne pas le plafond des heures supplémentaires.
Résultats du bilan d’ensemble à cinq ans présentés au Conseil de la politique du travail[20]
Dans une enquête en ligne auprès de 3 000 salariés (octobre 2025), environ 10,5 % veulent travailler plus, 59,5 % s’estiment bien ainsi et 30,0 % veulent travailler moins ; « gagner davantage » est la première raison de ceux qui veulent plus d’heures (41,6 %). Sur 327 entreprises entendues par les bureaux du travail, 201 veulent garder leur durée actuelle, 73 la réduire et 53 l’augmenter — dont 17 au-delà du plafond légal.
Stratégie de croissance du Japon : les règles du temps de travail renvoyées au Conseil de la politique du travail à partir de l’été 2026[21]
La décision du Cabinet demande un débat « à condition de préserver la santé physique et mentale et sur le choix du salarié » pour des façons de travailler souples et diverses, et cite le travail au forfait, la modulation du temps de travail, une limite aux jours de travail consécutifs, le repos entre deux journées, un « droit à la déconnexion », le cumul d’emplois et le télétravail.
- À venir — l’issue n’est pas connue
Trois ans de plafonds d’heures supplémentaires des médecins : réexamen prévu par l’arrêté[11]
L’arrêté de 2022 prévoit un réexamen tous les trois ans après son entrée en vigueur (1er avril 2024), au vu de la durée du travail des médecins.
- À venir — l’issue n’est pas connue
Échéance visée pour ramener le plafond des médecins de l’offre de soins régionale à 960 heures[11]
Un objectif (« 目途 ») fixé par l’arrêté, non une échéance contraignante ; il ne concerne pas les établissements de formation intensive.
Termes du débat
Citoyen ne prend pas position : les arguments sont rapportés tels que les formulent leurs auteurs.
Selon ses défenseurs
- Pour le Parti libéral-démocrate et le Komeito, les longues journées « ne sont plus une vertu » : elles nuisent à la santé, à la conciliation vie familiale-vie professionnelle et aux carrières des femmes et pèsent sur la natalité ; la loi transforme des limites qui n’étaient qu’un avis ministériel sans sanction en un plafond légal assorti de sanctions.[6]
- Le ministre du Travail rappelle que le plafond correspond au seuil de reconnaissance du karoshi, ce dont tout réexamen doit tenir compte, de même que la nécessité d’un environnement où chacun peut travailler.[14]
- Les membres salariés du Conseil de la politique du travail : le plafond se situe au niveau du karoshi et aucun assouplissement contraire à la protection de la vie et de la santé des travailleurs ne doit être fait ; ils demandent au contraire de le réduire progressivement, comme le prévoyait l’accord patronat-syndicats de 2017, et de rendre obligatoire l’enregistrement du temps de travail.[18]
- Les membres employeurs eux-mêmes relèvent que les données sur les cas cardiaques et cérébraux indemnisés laissent penser que le respect du plafond actuel en aurait évité beaucoup, et donnent la priorité à son application et à l’accompagnement des entreprises.[18]
Selon ses opposants
- Le Parti démocrate constitutionnel (2018) saluait l’idée d’un plafond mais jugeait le niveau exceptionnel supérieur au seuil du karoshi — jusqu’à 160 heures supplémentaires en quatre semaines en cas d’abus — et dénonçait un « double standard » : cinq ans de délai pour les conducteurs et le bâtiment, et 960 heures par an pour les conducteurs, hors jours de repos.[7]
- Pour le Parti communiste (2018), le plafond légalise des heures supplémentaires au niveau du seuil du karoshi : autoriser près de 100 heures par mois revient à des journées de 13 heures, le niveau d’il y a un siècle, quand l’OIT adoptait la journée de 8 heures en 1919.[8]
- Les membres employeurs du Conseil de la politique du travail (2025) : les petites entreprises en manque chronique de personnel ne peuvent pas réduire davantage les heures ; la réforme freinerait les salariés qui veulent travailler et gagner plus ; ils demandent des règles plus simples et souples, utilisables par les PME, avec protection de la santé.[18]
- La Première ministre Takaichi a demandé, dès sa prise de fonctions, l’étude d’un assouplissement de la réglementation du temps de travail « à condition de préserver la santé physique et mentale et sur le choix du salarié ».[13][14]
Indicateurs à suivre
- Heures supplémentaires mensuelles moyennes des salariés · MHLW (Monthly Labour Survey)pas encore de carte Citoyen
- Part des salariés travaillant 60 heures ou plus par semaine · MIC (Labour Force Survey)pas encore de carte Citoyen
- Demandes et indemnisations au titre du karoshi (maladies cérébrales et cardiaques, troubles mentaux) · MHLWpas encore de carte Citoyen
Sources
- [1]働き方改革を推進するための関係法律の整備に関する法律(平成30年法律第71号)法律条文 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 6 juillet 2018
- [2]働き方改革を推進するための関係法律の整備に関する法律(平成30年法律第71号)の概要 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [3]閣法 第196回国会 63 働き方改革を推進するための関係法律の整備に関する法律案 — 議案審議経過情報 — 衆議院 (House of Representatives)
- [4]第196回国会 衆議院 本会議 第22号(平成30年4月27日)— 加藤勝信厚生労働大臣による趣旨説明 — 国立国会図書館 国会会議録検索システム (National Diet Library), 27 avril 2018
- [5]第196回国会 参議院 本会議 第31号(平成30年6月29日)— 投票の結果 — 国立国会図書館 国会会議録検索システム (National Diet Library), 29 juin 2018
- [6]第196回国会 参議院 本会議 第31号(平成30年6月29日)— そのだ修光議員(自由民主党)賛成討論 — 国立国会図書館 国会会議録検索システム (National Diet Library), 29 juin 2018
- [7]第196回国会 参議院 本会議 第31号(平成30年6月29日)— 石橋通宏議員(立憲民主党)反対討論 — 国立国会図書館 国会会議録検索システム (National Diet Library), 29 juin 2018
- [8]第196回国会 参議院 本会議 第31号(平成30年6月29日)— 倉林明子議員(日本共産党)反対討論 — 国立国会図書館 国会会議録検索システム (National Diet Library), 29 juin 2018
- [9]労働基準法(昭和22年法律第49号)— 現行条文(第36条、第119条、第139条〜第142条、附則(平成30年7月6日法律第71号)) — e-Gov法令検索 (Digital Agency), 17 juillet 2026
- [10]労働基準法施行規則(昭和22年厚生省令第23号)— 第69条の4、第69条の5 — e-Gov法令検索 (Digital Agency)
- [11]医療法第百二十八条の規定により読み替えて適用する労働基準法第百四十一条第二項の厚生労働省令で定める時間等を定める省令(令和4年厚生労働省令第6号) — e-Gov法令検索 (Digital Agency), 19 janvier 2022
- [12]「物流革新に向けた政策パッケージ」(令和5年6月2日 我が国の物流の革新に関する関係閣僚会議決定) — 内閣官房 (Cabinet Secretariat), 2 juin 2023
- [13]上野大臣就任挨拶概要(令和7年10月22日) — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 22 octobre 2025
- [14]大臣会見概要(令和7年10月22日) — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 22 octobre 2025
- [15]上野大臣会見概要(令和8年11月2日) — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 2 novembre 2026
- [16]労働政策審議会(労働条件分科会)— 開催一覧 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [17]労働条件分科会(第206回)資料No.2-1 労働時間法制の具体的課題に関する検討の論点について(時間外・休日労働の上限規制 等) — 厚生労働省 労働基準局 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 24 décembre 2025
- [18]労働条件分科会(第206回)参考資料No.1 各側委員からの主な意見の整理 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 24 décembre 2025
- [19]第221回国会における高市内閣総理大臣施政方針演説(令和8年2月20日) — 首相官邸 (Prime Minister’s Office of Japan), 20 février 2026
- [20]労働条件分科会(第207回)資料No.1 働き方改革の「総点検」について — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 13 mars 2026
- [21]労働条件分科会(第211回)資料No.2-1 労働条件分科会における今後の議論の進め方(案)について(日本成長戦略・骨太の方針2026 抄録を含む) — 厚生労働省 労働基準局 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 16 septembre 2026
- [22]労働条件分科会(第214回)資料No.1-1 労働時間法制の具体的課題に関する検討の論点について(法定休日、連続勤務規制、副業・兼業) — 厚生労働省 労働基準局 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 30 octobre 2026
- [23]令和8年版 過労死等防止対策白書(概要版) — 厚生労働省 労働基準局 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 2026
- [24]毎月勤労統計調査 平成30年分結果確報 — 第2表 月間実労働時間及び出勤日数 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [25]毎月勤労統計調査 令和元年分結果確報 — 第2表 月間実労働時間及び出勤日数 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [26]毎月勤労統計調査 令和2年分結果確報 — 第2表 月間実労働時間及び出勤日数 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [27]毎月勤労統計調査 令和3年分結果確報 — 第2表 月間実労働時間及び出勤日数 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [28]毎月勤労統計調査 令和4年分結果確報 — 第2表 月間実労働時間及び出勤日数 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [29]毎月勤労統計調査 令和5年分結果確報 — 第2表 月間実労働時間及び出勤日数 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [30]毎月勤労統計調査 令和6年分結果確報 — 第2表 月間実労働時間及び出勤日数 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare)
- [31]毎月勤労統計調査 2025(令和7)年分結果確報 — 第2表 月間実労働時間及び出勤日数 — 厚生労働省 (Ministry of Health, Labour and Welfare), 25 février 2026