DéfenseÉtats-Unis

En vigueurAutorise des crédits pour l’exercice 2026 (jusqu’au 30 septembre 2026) ; l’argent lui-même est ouvert par les lois de crédits. De nombreuses dispositions modifient durablement le droit.

Loi d’autorisation de défense pour l’exercice 2026 (loi publique 119-60) : 890,6 milliards de dollars autorisés, réforme des achats, planchers d’effectifs en Europe et en Corée

La loi annuelle d’autorisation de défense pour l’exercice 2026 (1er octobre 2025 – 30 septembre 2026), promulguée le 18 décembre 2025, autorise 890,6 milliards de dollars pour les programmes de défense nationale relevant des commissions des forces armées, 8 milliards de plus que la demande du Président. Elle fixe les effectifs militaires d’active, réorganise les achats de défense autour de « responsables d’acquisition de portefeuille », inscrit dans la loi la politique de défense antimissile « Golden Dome for America », prolonge jusqu’en 2029 l’aide à l’Ukraine, interdit d’utiliser les fonds pour réduire les forces américaines sous 76 000 militaires en Europe ou 28 500 en Corée du Sud avant une certification, et abroge les autorisations de guerre contre l’Irak de 1991 et 2002. Une loi d’autorisation ne débloque pas l’argent : les crédits eux-mêmes ont été ouverts par la loi de crédits de la Défense pour 2026, promulguée le 3 février 2026.

Mise à jour : 3 novembre 2026Prochaine échéance : 1er mars 2027 — Échéance du rapport de l’armée de l’Air au Congrès sur le programme d’avion de combat F-47 (section 153)

Fiche d’identité

Texte de référence

National Defense Authorization Act for Fiscal Year 2026 (loi publique 119-60 ; loi d’autorisation de défense nationale pour l’exercice 2026)[1][13]

N° Public Law 119-60 (S. 1071, 139 Stat. 718) · 18 décembre 2025

Lire le texte ↗

Porteurs

  • Mike Rogers[7][3]Président de la commission des forces armées de la Chambre des représentants · 2025 · Initiateur
  • Roger Wicker[7]Président de la commission des forces armées du Sénat · 2025 · Initiateur
  • Adam Smith[7][3]Chef de file de la minorité à la commission des forces armées de la Chambre · 2025 · Initiateur
  • Jack Reed[7]Chef de file de la minorité à la commission des forces armées du Sénat · 2025 · Initiateur
  • Donald Trump[2][14]Président des États-Unis — demande budgétaire et promulgation · 2025 · Initiateur

Mise en œuvre

  • Département de la Défense (appelé « Department of War » par l’administration)
  • Département de l’Énergie — programmes de sécurité nationale (armes nucléaires)
  • Département d’État, communauté du renseignement et garde-côtes — divisions E à G de la loi

Statut

En vigueur

depuis le 18 décembre 2025[13][1]

Autorise des crédits pour l’exercice 2026 (jusqu’au 30 septembre 2026) ; l’argent lui-même est ouvert par les lois de crédits. De nombreuses dispositions modifient durablement le droit.

Objectif affiché

Mettre en œuvre le programme « Peace Through Strength » (la paix par la force) : réformer un système d’achats de défense jugé trop lent, améliorer les conditions de vie des militaires, dissuader la Chine et les autres adversaires, soutenir la défense antimissile du territoire.[8][3][14]

Selon la commission des forces armées de la Chambre et la Maison-Blanche (décembre 2025)

  • Hausse de la solde de base de tous les militaires « soutenue » par la loi

    3,8 %

    demande budgétaire 2026 · selon la commission des forces armées de la Chambre et l’office du budget de la Maison-Blanche (demande de l’administration)[8][9][1]

    Le texte de la loi ne fixe pas lui-même cette hausse.

Mesures principales

  • Enveloppe : 890,6 milliards de dollars autorisés pour les programmes de défense nationale relevant des commissions des forces armées (882,6 milliards demandés) : 855,7 milliards pour le département de la Défense, 34,3 milliards pour les programmes de sécurité nationale du département de l’Énergie et 512 millions pour des activités liées à la défense. En ajoutant 10,0 milliards d’ajustements, surtout des programmes hors de ce périmètre, l’impact en autorisations budgétaires est de 900,6 milliards de dépenses discrétionnaires.[2][8]
  • Répartition des montants autorisés : acquisitions 161,7 milliards de dollars, recherche, développement, essais et évaluation 145,7 milliards, fonctionnement et entretien 291,5 milliards, personnel militaire 193,2 milliards, autres autorisations (surtout le programme de santé de la Défense) 43,9 milliards, constructions militaires, logement des familles et fermetures de bases 19,7 milliards.[2][1]
  • Les crédits de défense de la loi de réconciliation de 2025 (loi 119-21) sont hors autorisation : la déclaration explicative commune les compte parmi les programmes obligatoires (38,0 milliards de dollars pour le département de la Défense et 3,9 milliards pour la défense nucléaire, dépenses estimées), pour un total défense nationale discrétionnaire et obligatoire de 971,9 milliards. La loi impose des rapports trimestriels sur leur emploi (section 1006).[2][1]
  • Effectifs d’active autorisés au 30 septembre 2026 : armée de Terre 454 000, Marine 344 600, corps des Marines 172 300, armée de l’Air 321 500, Force spatiale 10 400.[1][2]
  • Réforme des achats (titre XVIII), reprenant le « SPEED Act » de la Chambre : les chefs de programme relèvent de « responsables d’acquisition de portefeuille » qui pilotent les plans, budgets et l’exécution d’un ensemble de programmes ; processus d’expression des besoins accéléré ; priorité aux produits et services commerciaux ; règles allégées pour les petits programmes et les nouveaux entrants.[1][2][8]
  • Défense antimissile : la politique nationale est réécrite selon la politique « Golden Dome for America » (un « bouclier antimissile de nouvelle génération ») ; pour le « Golden Dome missile defense system », un rapport avec chaque budget et des points trimestriels au Congrès jusqu’à la pleine capacité opérationnelle.[1]
  • Europe et Ukraine : aucun fonds pour réduire les forces américaines de la zone du commandement européen sous 76 000 militaires plus de 45 jours, ni pour abandonner le poste de commandant suprême allié de l’OTAN, avant 60 jours après une certification et une évaluation ; l’initiative d’assistance à la sécurité de l’Ukraine reçoit 400 millions de dollars pour l’exercice 2026 et 400 millions pour 2027 et est prolongée jusqu’à fin 2029 ; les décisions d’implantation doivent tenir compte des progrès des alliés vers l’engagement de La Haye (5 % du PIB d’ici 2035, dont au moins 3,5 % pour la défense « cœur »).[1][2]
  • Indo-Pacifique : aucun fonds pour ramener les forces américaines en Corée du Sud sous environ 28 500 militaires, ou pour s’écarter du plan convenu de transfert du contrôle opérationnel en temps de guerre, avant une certification ; jusqu’à 1 milliard de dollars pour l’initiative de coopération de sécurité avec Taïwan pour l’exercice 2026 ; prolongation de l’initiative de dissuasion dans le Pacifique.[1][8]
  • Abrogation des autorisations de recours à la force militaire contre l’Irak de 1991 et 2002 (section 8370). La loi comprend aussi les lois d’autorisation du département d’État, du renseignement et des garde-côtes (divisions E à G).[1][9]

En données

Dépenses de défense

3,4% PIB

2024

Effectifs d’active autorisés par armée : loi pour 2025 et loi pour 2026[1][16]

Effectifs autorisés en fin d’exercices 2025 et 2026, nombre de militaires d’active

Effectifs d’active autorisés par armée : loi pour 2025 et loi pour 2026 — valeurs du graphique
ArméeLoi pour 2025 (au 30 sept. 2025)Loi pour 2026 (au 30 sept. 2026)
Armée de Terre442 300454 000
Marine332 300344 600
Armée de l’Air320 000321 500
Corps des Marines172 300172 300
Force spatiale9 80010 400

Échelle à partir de 0 · Plafonds légaux fixés par la loi d’autorisation de chaque année (section 401), pas des effectifs réels.

Dépenses militaires (USD)

1 BnUSD

2024

Chiffres clés

Dépenses de défense « cœur », définition de l’OTAN

3,17 % du PIB

2026 (estimation) · Estimation

selon l’OTAN (rapport de juillet 2026, part du PIB réel aux prix de 2021)[19][20]

3,17 % estimés aussi pour 2025, après 3,30 % en 2024. Le SIPRI, avec sa propre définition, évalue les dépenses militaires américaines à 3,1 % du PIB en 2025 (3,4 % en 2024).

Cible OTAN pour la défense « cœur », dans l’engagement de La Haye à 5 % du PIB

3,5 % du PIB

d’ici 2035 · Annoncé

selon la déclaration du sommet de La Haye du 25 juin 2025, citée à la section 1248 de la loi[1][19]

Plus au moins 1,5 % du PIB pour d’autres investissements liés à la défense et à la sécurité.

Effectifs militaires actifs

1,4 M

2020

Chronologie

  1. En débat

    La Chambre des représentants adopte son texte, H.R. 3838 (231 voix contre 196)[4][5]

  2. Le Sénat adopte son propre texte, S. 2296 (77 voix contre 20)[6]

  3. Les commissions des forces armées de la Chambre et du Sénat publient le texte final négocié[7][1][2]

    Aucune commission mixte ne s’est réunie : le compromis a été greffé, sous forme d’amendement de la Chambre, sur S. 1071, un texte déjà adopté par le Sénat. Une déclaration explicative commune publiée au Congressional Record a la même valeur qu’un rapport de conférence (section 5 de la loi).

  4. La Chambre adopte le compromis (312 voix contre 112 : républicains 197-18, démocrates 115-94)[10][11][3]

    Une motion démocrate de renvoi en commission, pour y ajouter le rétablissement de la négociation collective des agents fédéraux, a été rejetée par 216 voix contre 209.

  5. Adoptée

    Adoption définitive : le Sénat approuve le texte de compromis voté par la Chambre (77 voix contre 20)[12][1]

  6. En vigueur

    Promulgation par le Président (Public Law 119-60)[13][1]

    Autorise des crédits pour l’exercice 2026 (jusqu’au 30 septembre 2026) ; l’argent lui-même est ouvert par les lois de crédits. De nombreuses dispositions modifient durablement le droit.

  7. Déclaration présidentielle de signature : réserves sur de nombreuses sections[14]

    Le Président indique que les dispositions exigeant une certification ou un rapport avant un retrait de troupes sous un seuil (dont les sections 1249 et 1268) seront appliquées dans le respect de son autorité de commandant en chef.

  8. Crédits votés : loi de crédits de la Défense pour 2026 (division A de la loi publique 119-75)[15]

    Elle fait partie du Consolidated Appropriations Act, 2026. La loi d’autorisation fixe des plafonds et des règles ; cette loi de crédits ouvre l’argent.

  9. Cycle suivant : la Chambre adopte le projet de loi d’autorisation de défense pour 2027, H.R. 8800 (216 voix contre 212)[17][18]

  10. Fin de l’exercice 2026 : date à laquelle s’appliquent les effectifs d’active autorisés[1]

  11. À venir — l’issue n’est pas connue

    Échéance du rapport de l’armée de l’Air au Congrès sur le programme d’avion de combat F-47 (section 153)[1]

    Besoins, concepts d’emploi, coûts prévus, calendrier et besoins de financement pour les exercices 2028 à 2034.

  12. À venir — l’issue n’est pas connue

    Fin de l’autorisation de l’initiative d’assistance à la sécurité de l’Ukraine, telle que prolongée par la loi (auparavant le 31 décembre 2026)[1][2]

Termes du débat

Citoyen ne prend pas position : les arguments sont rapportés tels que les formulent leurs auteurs.

Selon ses défenseurs

  • Le président de la commission des forces armées de la Chambre y voit un texte bipartisan et bicaméral qui répare un processus d’achats « défaillant », soutient la hausse de solde de 3,8 %, finance casernements, logements et crèches, et renforce la dissuasion face à la Chine.[3]
  • Le chef de file démocrate de la commission le soutient pour la réforme des achats et parce qu’il réaffirme l’autorité du Congrès : 400 millions de dollars pour l’Ukraine, blocage du retrait de troupes d’Europe de l’Est, gel d’une partie du budget de déplacement du secrétaire à la Défense jusqu’à la remise de documents demandés.[3]
  • L’administration le soutient « fermement » : la loi inscrit dans le droit des éléments de plus d’une douzaine de décrets présidentiels, soutient pleinement le plan « Golden Dome for America » et abroge les autorisations de guerre contre l’Irak de 1991 et 2002.[9][14]

Selon ses opposants

  • Le chef de file démocrate de la sous-commission de la préparation opérationnelle a voté contre : selon lui, le texte ne réaffirme pas assez le rôle du Congrès en matière de guerre et de paix, à l’heure de frappes en mer, de déploiements de la Garde nationale dans les villes et de moyens détournés vers la politique migratoire.[3]
  • Un autre démocrate estime que les dépenses pour des guerres à l’étranger devraient céder la place à l’investissement dans l’industrie, la santé et la garde d’enfants aux États-Unis, et réclame que le secrétaire à la Défense rende publiquement des comptes.[3]
  • Le coprésident du groupe parlementaire « Labor Caucus » de la Chambre a tenté sans succès (209 voix contre 216) de renvoyer le texte en commission pour rétablir la négociation collective des agents civils fédéraux et de la Défense, supprimée par décret.[3][11]

Indicateurs à suivre

  • Dépenses de défense en % du PIB · SIPRI / Banque mondialeVoir la carte →
  • Dépenses militaires en dollars courants · SIPRI / Banque mondialeVoir la carte →
  • Effectifs militaires actifs · Banque mondiale / IISSVoir la carte →
  • Dépenses de défense « cœur » en % du PIB (cible OTAN de 3,5 %) · OTANpas encore de carte Citoyen

Sources

  1. [1]Public Law 119-60 — National Defense Authorization Act for Fiscal Year 2026 (S. 1071, approved December 18, 2025) — U.S. Government Publishing Office (GovInfo), 18 décembre 2025
  2. [2]Joint Explanatory Material Statement submitted by Mr. Rogers of Alabama, Chair of the House Committee on Armed Services, on S. 1071 — Congressional Record, vol. 171, no. 208, pp. H5571 ff. — U.S. Government Publishing Office (Congressional Record), 10 décembre 2025
  3. [3]Congressional Record, House, December 10, 2025 — S. 1071, consideration and debate (pp. H5136–H5518) — U.S. Government Publishing Office (Congressional Record), 10 décembre 2025
  4. [4]Congressional Record, Daily Digest, House of Representatives, September 10, 2025 (H.R. 3838 passed, Roll No. 262) — U.S. Government Publishing Office (Congressional Record), 10 septembre 2025
  5. [5]Final Vote Results for Roll Call 262 — H.R. 3838, On Passage (231 yeas, 196 nays) — Clerk of the U.S. House of Representatives, 10 septembre 2025
  6. [6]Congressional Record, Daily Digest, Senate, October 9, 2025 (S. 2296 passed, Vote No. 570) — U.S. Government Publishing Office (Congressional Record), 9 octobre 2025
  7. [7]House and Senate Armed Services Committees Release Final NDAA Text — House Committee on Armed Services, 8 décembre 2025
  8. [8]The FY26 NDAA: Implementing President Trump’s Peace Through Strength Agenda — Legislative Summary (conference text) — House Committee on Armed Services, décembre 2025
  9. [9]Statement of Administration Policy — S. 1071, National Defense Authorization Act for Fiscal Year 2026 — Executive Office of the President, Office of Management and Budget, 9 décembre 2025
  10. [10]Final Vote Results for Roll Call 320 — S. 1071, On Passage (312 yeas, 112 nays) — Clerk of the U.S. House of Representatives, 10 décembre 2025
  11. [11]Congressional Record, Daily Digest, House of Representatives, December 10, 2025 (S. 1071 passed, Roll No. 320; motion to commit rejected, Roll No. 319) — U.S. Government Publishing Office (Congressional Record), 10 décembre 2025
  12. [12]Congressional Record, Daily Digest, Senate, December 17, 2025 (Senate concurred in the House amendment to S. 1071, Vote No. 648) — U.S. Government Publishing Office (Congressional Record), 17 décembre 2025
  13. [13]Congressional Bill S. 1071 Signed into Law — The White House, 18 décembre 2025
  14. [14]Statement by the President (signing statement on S. 1071) — The White House, 18 décembre 2025
  15. [15]Public Law 119-75 — Consolidated Appropriations Act, 2026 (H.R. 7148), Division A: Department of Defense Appropriations Act, 2026 — U.S. Government Publishing Office (GovInfo), 3 février 2026
  16. [16]Public Law 118-159 — Servicemember Quality of Life Improvement and National Defense Authorization Act for Fiscal Year 2025 (section 401) — U.S. Government Publishing Office (GovInfo), 23 décembre 2024
  17. [17]Final Vote Results for Roll Call 278 — H.R. 8800, On Passage (216 yeas, 212 nays) — Clerk of the U.S. House of Representatives, 22 juillet 2026
  18. [18]Rogers Applauds House Passage of FY27 NDAA — House Committee on Armed Services, 22 juillet 2026
  19. [19]Defence Investment of NATO Countries (2014-2026) — Table 3: Core defence expenditure as a share of GDP — North Atlantic Treaty Organization, juillet 2026
  20. [20]SIPRI Military Expenditure Database, 1949–2025 (v1.2) — Share of GDP — Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), 2026