Un effort de défense parmi les plus faibles du G20 (0,56 % du PIB en 2025 selon le SIPRI), mais un réarmement ciblé : 12 des 24 F-16 achetés au Danemark sont arrivés, et le budget 2027 demande l'autorisation d'emprunter jusqu'à 3,5 milliards de dollars pour des sous-marins et des frégates.
L'essentiel
- En 2025, l'Argentine a consacré 0,56 % de son PIB à la défense, au plus bas depuis des années, alors que les dépenses militaires mondiales atteignaient un record.
- Avec l'arrivée d'un deuxième lot fin septembre 2026, l'armée de l'air dispose de 12 F-16 sur les 24 commandés.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Défense en Argentine. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (ministère de la Défense, SIPRI, IISS). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en est la défense argentine
Un effort de défense faible et en recul. Selon les données du SIPRI (reprises par la Banque mondiale), les dépenses militaires argentines ont représenté 0,56 % du PIB en 2025, contre 0,65 % en 2024 et 0,75 % en 2023. Cette baisse en part du PIB reflète l'austérité budgétaire du gouvernement Milei, qui a comprimé l'ensemble de la dépense publique, ainsi que la reprise de l'activité ; elle intervient alors que les dépenses militaires mondiales ont atteint un record de 2 887 milliards de dollars en 2025 (+2,9 % en termes réels, SIPRI). Le SIPRI souligne par ailleurs l'incertitude de ses estimations argentines, liée à la mesure de l'inflation.
Des forces longtemps sous-équipées. Faute d'investissement depuis des décennies, une partie des équipements est vieillissante : l'aviation de combat avait perdu ses chasseurs supersoniques avec le retrait des Mirage en 2015, et la marine n'a plus de sous-marin opérationnel depuis la perte de l'ARA San Juan en 2017. Les effectifs militaires sont de l'ordre de 100 000 personnes (Banque mondiale, 2020).
Le retour d'une aviation de chasse. L'Argentine a acheté au Danemark 24 F-16 modernisés, avec l'aval des États-Unis. Un premier lot de six appareils est arrivé en décembre 2025, les opérations ont officiellement commencé en avril 2026, et un deuxième lot de six (quatre monoplaces, deux biplaces) a atterri le 29 septembre 2026 à Río Cuarto, environ trois mois plus tôt que prévu. La force aérienne en compte donc 12 sur 24 ; les suivants sont attendus en 2027, et leur base définitive, à Tandil, est encore en travaux. Le gouvernement a aussi engagé l'achat de blindés et d'armement individuel.
Un ministre militaire. En décembre 2025, le lieutenant-général Carlos Presti, ancien chef d'état-major de l'armée de terre, a succédé à Luis Petri, élu député : c'est le premier militaire à diriger le ministère depuis le retour de la démocratie, un choix salué par ses partisans comme gage de professionnalisme et critiqué par des organisations de défense des droits humains au nom du contrôle civil des armées.
Un héritage post-dictature. Depuis 1983, les forces armées sont placées sous strict contrôle civil et les lois de défense nationale et de sécurité intérieure séparent leurs missions de celles de la police ; tout élargissement de leur rôle (lutte contre le narcotrafic, surveillance des frontières) reste un sujet sensible.
Des enjeux de souveraineté. La surveillance de l'Atlantique Sud (pêche illégale), la présence en Antarctique et la revendication sur les Malouines/Falklands structurent les priorités stratégiques ; le rapprochement avec les États-Unis, assumé par le gouvernement, oriente les choix de fournisseurs.
2. Perspectives — vers où va la défense
Un réarmement naval financé par l'emprunt. Le projet de budget 2027, présenté le 15 septembre 2026, demande au Congrès l'autorisation d'emprunter jusqu'à 3,5 milliards de dollars pour acquérir trois sous-marins conventionnels et deux frégates multimissions, et fixe l'objectif d'incorporer six F-16 supplémentaires en 2027. La presse a lu ce volet sur fond de tensions diplomatiques autour des Malouines. Il s'agit d'un projet, soumis au vote du Congrès, et non de dépenses réalisées.
Moderniser sous contrainte. L'équation reste celle d'un pays qui veut reconstituer des capacités tout en maintenant l'excédent budgétaire : l'endettement en devises pour des achats militaires est critiqué par une partie de l'opposition, tandis que le gouvernement y voit un rattrapage après des décennies de désinvestissement.
Coûts d'exploitation. Au-delà des achats, le coût d'exploitation des nouveaux matériels (formation des pilotes, maintenance, infrastructures) pèsera sur les budgets des prochaines années.
Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) financer la modernisation sans renoncer à l'équilibre budgétaire ; (2) arbitrer les partenariats, désormais tournés vers les États-Unis et l'OTAN ; (3) assurer la souveraineté maritime et antarctique.
3. Comparaison internationale — l'Argentine parmi ses pairs
Replacée dans son environnement, l'Argentine a un effort de défense faible et des forces en cours de reconstitution.
Trois enseignements. (1) Effort faible. À 0,56 % du PIB en 2025, il est inférieur à celui du Mexique (0,74 %), du Brésil (1,05 %), de la France (2,03 %) et de l'Inde (2,30 %), selon les mêmes données SIPRI.
(2) Des forces à reconstituer. Le sous-investissement prolongé distingue l'Argentine d'un Brésil doté d'une industrie de défense (Embraer, sous-marins construits avec la France) ; les F-16 d'occasion constituent un rattrapage plus qu'un saut capacitaire.
(3) Un contrôle civil consolidé. Comme les autres démocraties de la région, les forces sont sous contrôle civil depuis 1983, ce qui explique la sensibilité du débat sur leur rôle.
France — Dépenses de défense
Inde — Dépenses de défense
Brésil — Dépenses de défense
Comparaison internationale — défense
| Pays | Dépenses / PIB (2025) | Forces | Spécificité |
|---|---|---|---|
| France | 2,03 % | complètes (dissuasion) | puissance |
| Inde | 2,30 % | massives | puissance régionale |
| Brésil | 1,05 % | régionales | industrie (Embraer) |
| Mexique | 0,74 % | sécurité intérieure | faible projection |
| Argentine | 0,56 % | en reconstitution (F-16) | Atlantique Sud |
Sources : SIPRI (via Banque mondiale, 2025), IISS — dernières valeurs réalisées disponibles.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Dépenses militaires / PIB (2025) | 0,56 % (0,65 % en 2024) | SIPRI via Banque mondiale (carte Citoyen) |
| F-16 reçus (novembre 2026) | 12 sur 24 | Ministère de la Défense |
| Effectifs militaires (2020) | ≈ 100 000 | Banque mondiale / IISS |
| Budget 2027 (projet) | emprunt jusqu'à 3,5 Md$ (sous-marins, frégates) | Projet de loi de budget 2027 |
| Priorités | Atlantique Sud, Antarctique, Malouines | Ministère de la Défense |
Sources (analyses nationales et références)
Ministère de la Défense · Projet de budget 2027 · SIPRI (dépenses militaires 2025, via Banque mondiale) · IISS (Military Balance).
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible (pas de prévision). Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.