Après la chute spectaculaire de 211 % (2023) à 31,5 % (2025), la désinflation argentine marque le pas en 2026 : l'inflation sur un an remonte à 33,4 % en septembre, et les salaires peinent à suivre.
L'essentiel
- L'inflation annuelle est passée de 211,4 % en 2023 à 31,5 % en 2025, son plus bas niveau depuis 2017 (INDEC).
- En 2026, la désinflation s'est enrayée : 23,6 % de hausse des prix sur les neuf premiers mois et 33,4 % sur un an en septembre.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Prix et pouvoir d'achat en Argentine. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (INDEC, BCRA, FMI). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en sont les prix
Une inflation parmi les plus extrêmes du monde. L'Argentine a connu une inflation à trois chiffres : 211,4 % en 2023 et 117,8 % en 2024 (INDEC, décembre à décembre) — l'un des cas d'inflation les plus extrêmes au monde, héritage de déséquilibres macroéconomiques chroniques (cf. catégorie Économie).
Une chute spectaculaire en 2025. Sous l'effet de la stabilisation radicale (austérité, fin de la création monétaire pour financer le déficit, dévaluation initiale puis bandes de change), l'inflation est tombée à 31,5 % sur l'année 2025, son plus bas niveau depuis 2017. Le rythme mensuel est toutefois remonté en fin d'année, jusqu'à 2,8 % en décembre 2025, au-dessus des attentes.
Une désinflation enrayée en 2026. Les prix ont augmenté de 2,9 % en janvier et en février, puis de 3,4 % en mars 2026, le rythme le plus élevé depuis un an, sous l'effet des hausses de tarifs réglementés (logement, eau, énergie : +6,8 % en février) et de l'alimentation. Le rythme mensuel est ensuite redescendu, à 1,7 % en août et 1,9 % en septembre 2026. Sur les neuf premiers mois, la hausse cumulée atteint 23,6 %, et l'inflation sur un an remonte à 33,4 % en septembre, au-dessus de son niveau de fin 2025 (INDEC). Le chiffre d'octobre sera publié mi-novembre.
Un pouvoir d'achat sous pression. La désinflation et l'austérité se sont faites au prix d'une forte perte de pouvoir d'achat en 2024. En 2026, la reconstitution s'interrompt : de janvier à mai, les salaires privés déclarés ont progressé de 12,3 % contre 14,7 % pour les prix, et au premier semestre le revenu par habitant des ménages a augmenté de 11,5 % quand le panier de base (pauvreté) renchérissait de 19,6 % (INDEC) — d'où la remontée de la pauvreté (cf. catégorie Cohésion sociale).
Un héritage monétaire. L'inflation argentine est liée à un long héritage de monétisation des déficits, de méfiance envers le peso (épargne en dollars) et de contrôles des changes. Le gouvernement a écarté la dollarisation évoquée pendant la campagne de 2023 et mise sur l'excédent budgétaire et un régime de bandes de flottation, indexées sur l'inflation depuis janvier 2026, sous programme du FMI.
Argentine — Inflation (IPC)
2. Perspectives — vers où vont les prix
Ancrer la désinflation. Le marché attend une inflation d'environ 30 % sur l'ensemble de 2026 (enquête REM de la Banque centrale) ; le projet de budget 2027 retient 29 % pour 2026 et 18 % en décembre 2027 — des prévisions, à confronter aux chiffres réalisés. Revenir sous la barre des 2 % mensuels de manière durable reste l'enjeu central.
Tarifs et change. La réduction des subventions à l'énergie et aux transports continue d'alimenter les prix réglementés, tandis que le régime de bandes laisse le peso fluctuer : tout choc de change se répercuterait rapidement sur les prix.
Reconstituer le pouvoir d'achat. Après la perte de 2024 et la stagnation de 2026, la reconstitution du pouvoir d'achat dépend d'une baisse durable de l'inflation et d'une reprise de l'activité (cf. catégories Travail et Économie).
Crédibilité monétaire et soutenabilité sociale. Restaurer la confiance dans le peso et achever la levée des contrôles des changes conditionnent la stabilisation ; son coût social conditionne sa pérennité politique avant 2027 (cf. catégorie Confiance).
Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) relancer la désinflation après le palier de 2026 ; (2) reconstituer le pouvoir d'achat ; (3) restaurer la crédibilité monétaire.
3. Comparaison internationale — l'Argentine parmi ses pairs
Replacée dans son environnement, l'Argentine reste un cas d'inflation extrême en cours de stabilisation — à l'opposé de la stabilité monétaire de ses voisins.
Trois enseignements. (1) Une inflation hors norme. À 31,5 % en 2025, l'inflation argentine reste sans commune mesure avec le Brésil (5,0 %), le Mexique (3,8 %), l'UE (2,5 %) ou les États-Unis.
(2) Une stabilisation radicale. Le passage de plus de 200 % à environ 30 % en deux ans est un cas extrême de thérapie de choc — mais le dernier kilomètre, vers une inflation à un chiffre, se révèle le plus difficile.
(3) Un contraste régional. Le Brésil et le Mexique, dotés de banques centrales autonomes et de cibles d'inflation, illustrent par contraste l'exception argentine.
Union européenne — Inflation (IPC)
États-Unis — Inflation (IPC)
Brésil — Inflation (IPC)
Mexique — Inflation (IPC)
Argentine — Inflation (IPC)
Comparaison internationale — inflation
| Pays | Inflation (2025) | Stabilité | Spécificité |
|---|---|---|---|
| Union européenne | 2,5 % | élevée | — |
| États-Unis | ≈ 2,9 % (2024) | élevée | — |
| Brésil | 5,0 % | bonne | taux élevés |
| Mexique | 3,8 % | bonne | cible d'inflation |
| Argentine | 31,5 % (33,4 % sur un an en sept. 2026) | instable (stabilisation) | inflation extrême |
Sources : INDEC (Argentine, décembre à décembre), Banque mondiale (moyenne annuelle des comparateurs, 2025 sauf mention). La désinflation argentine marque le pas en 2026 ; données très évolutives. « ≈ » signale un arrondi.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Inflation annuelle (déc./déc.) | 211,4 % (2023) · 117,8 % (2024) · 31,5 % (2025) | INDEC (carte Citoyen) |
| Inflation mensuelle | 3,4 % (mars 2026) · 1,7 % (août) · 1,9 % (sept. 2026) | INDEC |
| Inflation sur un an | 33,4 % (sept. 2026) ; 23,6 % cumulés janv.-sept. | INDEC |
| Salaires privés déclarés | +12,3 % vs prix +14,7 % (janv.-mai 2026) | INDEC |
| Change | bandes de flottation indexées sur l'inflation (depuis janv. 2026) | BCRA |
Sources (analyses nationales et références)
INDEC (indice des prix à la consommation, salaires, paniers de base) · BCRA (Banque centrale, enquête REM, régime de change) · ministère de l'Économie (projet de budget 2027) · FMI · Banque mondiale (WDI).
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. ⚠️ Inflation et désinflation très rapides : données très évolutives, à actualiser. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible (pas de prévision) ; les attentes du REM et du budget sont citées comme prévisions. Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.