Un marché du travail qui « tient » sans se redresser : chômage à 6,7 % en octobre 2026, emploi qui stagne, jeunes en difficulté et participation au plus bas depuis la fin des années 1990 — sous la double pression de la guerre commerciale et d'une immigration désormais freinée.
L'essentiel
- Le chômage est remonté à 6,7 % en octobre 2026, après un creux de 6,4 % en août ; près d'un jeune actif sur sept est sans emploi.
- Le taux d'activité est tombé à 64,8 %, son plus bas niveau depuis 1997 hors pandémie : vieillissement et freinage de l'immigration réduisent la main-d'œuvre.
- Les salaires horaires progressent de 2,2 % sur un an, moins vite que les prix depuis la remontée de l'inflation.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Marché du travail au Canada. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (Statistique Canada — Enquête sur la population active, OCDE, OIT). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en est le marché du travail canadien
Un chômage élevé en 2025, qui ne reflue pas en 2026. Après ≈ 6,4 % en 2024, le taux de chômage a atteint en moyenne ≈ 6,8-6,9 % en 2025 (Enquête sur la population active ; les sources varient d'un dixième de point). En 2026, il a culminé à 6,9 % en avril, est redescendu à 6,4 % en août, puis est remonté à 6,5 % en septembre et 6,7 % en octobre 2026 (Statistique Canada, 6 novembre). Il reste légèrement sous son niveau d'octobre 2025 (6,9 %).
Un emploi qui stagne. Septembre 2026 a vu la disparition d'environ 68 000 emplois, en partie dans le secteur public, et octobre une nouvelle baisse de 4 700 postes, alors que les économistes attendaient des créations. Le taux d'emploi est tombé à 60,5 %. Plusieurs économistes résument la situation d'une formule : le marché du travail « tient », mais ne se redresse pas.
Une main-d'œuvre qui ne grossit plus. Le changement le plus net depuis 2024 est démographique. Le resserrement des cibles d'immigration — en particulier des résidents temporaires (étudiants, travailleurs) — a fait reculer leur part dans la population de 7,6 % à 6,5 % selon IRCC, et la population totale a baissé fin 2025 et début 2026. Combiné au vieillissement, ce freinage a fait tomber le taux d'activité à 64,8 %, son plus bas niveau depuis décembre 1997 si l'on exclut 2020. La remontée du chômage ne vient donc plus d'un afflux d'actifs, comme en 2024, mais d'une demande de travail atone.
Les jeunes en première ligne. Le chômage des 15-24 ans a atteint en moyenne 13,8 % en 2025 (après 13,1 % en 2024) et s'établissait à 13,7 % en octobre 2026, en hausse de 0,7 point sur un mois ; leur taux d'emploi n'est que de 54,0 %. Les nouveaux arrivants récents restent eux aussi plus exposés que la moyenne.
Des salaires qui ralentissent. Le salaire horaire moyen progressait de 2,2 % sur un an en octobre 2026 (2,3 % en septembre) ; avec une inflation remontée à 3,1 % en septembre, les salaires réels reculent à nouveau (cf. catégorie Prix). Le salaire minimum relève, sauf pour les secteurs sous réglementation fédérale, des provinces.
Canada — Taux de chômage
Canada — Taux d'emploi
Canada — Taux d'activité
Canada — Chômage des jeunes
2. Perspectives — vers où va le marché du travail
La guerre commerciale, risque principal. Les secteurs visés par les droits de douane américains — acier, aluminium, automobile, bois d'œuvre — concentrent les inquiétudes. Après l'échec des négociations du 21 août, Washington a imposé des droits de 50 % sur une partie des exportations canadiennes et menace l'automobile au 1er janvier 2027 (cf. catégorie Économie) : l'évolution de ces discussions conditionnera l'emploi industriel en Ontario et au Québec.
Un secteur public qui se contracte. Le gouvernement Carney poursuit la réduction des effectifs de la fonction publique fédérale engagée dans le budget 2025 ; le budget du 5 novembre 2026 compte de nouveau sur ces économies pour financer ses priorités. Les syndicats y voient une menace pour les services publics, le gouvernement un levier de maîtrise des dépenses.
Des taux qui remontent. La Banque du Canada a relevé son taux directeur à 2,5 % le 28 octobre 2026 pour contenir l'inflation énergétique, ce qui pourrait peser sur l'embauche dans les secteurs sensibles au crédit (construction, commerce). Sa projection d'une croissance d'environ 1 % en 2026 est une prévision, non une donnée réalisée.
Productivité et compétences. La productivité du travail a rebondi de 1,0 % au deuxième trimestre 2026, mais sa tendance reste faible (cf. catégorie Économie). La reconnaissance des qualifications des immigrés et l'insertion des jeunes diplômés sont des leviers régulièrement cités ; des pénuries persistent dans la santé et certains métiers spécialisés malgré la hausse du chômage.
Les questions ouvertes. Quatre enjeux structureront la période : (1) protéger l'emploi industriel exposé aux tarifs ; (2) insérer les jeunes, les plus touchés par le ralentissement ; (3) compenser une main-d'œuvre qui ne croît plus par la productivité ; (4) calibrer l'immigration du plan 2027-2029 entre besoins de main-d'œuvre et capacité d'accueil.
3. Comparaison internationale — le Canada parmi ses pairs
Replacé dans son environnement, le Canada présente un marché du travail flexible et à forte participation, mais dont le chômage s'est installé au-dessus de celui des pays anglo-saxons comparables.
Trois enseignements. (1) Chômage : au-dessus du monde anglo-saxon, sous la France. À 6,7 % en octobre 2026, le chômage canadien dépasse celui des États-Unis (4,2 % en septembre), de l'Australie (4,7 %) et du Royaume-Uni (≈ 4,9 % début 2026), reste proche de l'Union européenne (6,1 % en juillet) et nettement sous la France (8,3 % au deuxième trimestre).
(2) Un retournement démographique. Après avoir connu en 2023-2024 une croissance de sa population active sans équivalent dans le G7, le Canada est passé à une quasi-stagnation : la comparaison avec ses pairs porte désormais davantage sur la demande de travail que sur l'absorption des arrivants.
(3) Un modèle flexible et ouvert, mis à l'épreuve. Comme l'Australie, le Canada combine flexibilité du marché et immigration de travail sélective ; mais son exposition aux tarifs américains le distingue nettement de l'Australie comme des pays européens.
États-Unis — Taux de chômage
Royaume-Uni — Taux de chômage
Australie — Taux de chômage (BIT)
Union européenne — Taux de chômage (BIT)
France — Taux de chômage
Canada — Taux de chômage
Comparaison internationale — marchés du travail
| Pays | Chômage (dernier point 2026) | Taux d'emploi 20-64 (2024) | Spécificité |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 4,2 % (sept.) | ≈ 72 % | flexible |
| Royaume-Uni | ≈ 4,9 % (déc.-fév.) | ≈ 75 % | inactivité (santé) |
| Australie | 4,7 % (sept.) | ≈ 78 % | immigration sélective |
| Union européenne | 6,1 % (juil.) | ≈ 75 % | — |
| France | 8,3 % (T2) | ≈ 74 % | chômage des jeunes |
| Canada | 6,7 % (oct.) | ≈ 75 % | participation en baisse |
Sources : Statistique Canada (EPA), BLS, ONS, ABS, OCDE, INSEE — dernières valeurs réalisées disponibles en 2026, périodes différentes selon les pays. Taux d'emploi en tranche 20-64 ans (2024) pour la comparabilité. « ≈ » signale un arrondi.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Taux de chômage | 6,7 % (octobre 2026) ; ≈ 6,8-6,9 % (moyenne 2025) | Statistique Canada (carte Citoyen) |
| Taux d'emploi (15 ans et plus) | 60,5 % (octobre 2026) | Statistique Canada (carte Citoyen) |
| Taux d'activité | 64,8 % (octobre 2026) | Statistique Canada (carte Citoyen) |
| Chômage des 15-24 ans | 13,7 % (octobre 2026) ; 13,8 % (2025) | Statistique Canada (carte Citoyen) |
| Variation de l'emploi | −68 000 (sept.) ; −4 700 (oct. 2026) | Statistique Canada |
| Salaire horaire moyen | +2,2 % sur un an (octobre 2026) | Statistique Canada |
Sources (analyses nationales et références)
Statistique Canada (Enquête sur la population active, notamment les diffusions de septembre et octobre 2026 ; productivité) · Banque du Canada (décision du 28 octobre 2026) · Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (plan des niveaux d'immigration) · Emploi et Développement social Canada · OCDE (Employment Outlook, taux de chômage harmonisés) · OIT.
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. Comparaisons harmonisées via OCDE. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible (pas de prévision). Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.