Un marché du travail qui s'est refroidi sans se retourner : chômage autour de 4,7 %, emplois salariés en léger recul, offres d'emploi en baisse, et une inactivité pour maladie de longue durée qui reflue à peine de ses records post-Covid.
L'essentiel
- Près de 2,75 millions de Britanniques en âge de travailler sont inactifs pour maladie de longue durée — 600 000 de plus qu'avant la pandémie.
- Les salaires progressent encore plus vite que les prix, mais l'écart s'est réduit à moins d'un point avec le retour de l'inflation.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Marché du travail au Royaume-Uni. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (ONS — Labour Force Survey, OCDE, Eurostat) et les analyses de référence (Resolution Foundation, IFS). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en est le marché du travail britannique
Un chômage qui s'est stabilisé à un niveau plus élevé. Le taux de chômage (Labour Force Survey) s'établissait à 4,7 % sur juin-août 2026 (ONS), après une moyenne de 4,9 % en 2025 et 4,3 % en 2024. Il avait culminé à 5,2 % fin 2025, un plus haut depuis près d'une décennie hors période Covid. L'ONS invite à la prudence : la baisse récente reste dans la marge d'erreur d'une enquête dont la qualité a été dégradée par la chute des taux de réponse.
Moins d'emplois salariés, moins d'offres. Selon les données fiscales (PAYE), le nombre de salariés a reculé de 111 000 sur un an en août 2026 (−0,4 %), pour s'établir autour de 30,3 millions en septembre (estimation provisoire). Les offres d'emploi sont tombées à 691 000 sur juillet-septembre 2026, 37 000 de moins qu'un an plus tôt, et le nombre de demandeurs d'allocations (claimant count) atteignait 1,70 million en septembre. Le taux d'emploi des 16-64 ans restait toutefois élevé, à 75,3 %.
Les jeunes, premiers touchés. Le taux de chômage des 16-24 ans atteignait 15,6 % sur juin-août 2026 (ONS). Employeurs et analystes relient le ralentissement des embauches à la hausse des cotisations patronales d'avril 2025 et aux fortes revalorisations du salaire minimum, qui pèsent surtout sur les postes d'entrée dans la vie active ; l'ampleur de cet effet reste débattue.
Une inactivité pour maladie encore massive. Environ 2,74 millions de personnes de 16 à 64 ans étaient inactives pour maladie de longue durée sur juin-août 2026, contre 2,82 millions un an plus tôt et 2,12 millions fin 2019 (ONS). Le reflux est réel mais lent, et ce phénomène, plus marqué qu'ailleurs, reste le principal sujet de débat. Le taux d'inactivité des 16-64 ans s'élevait à 20,9 %.
Des salaires qui ralentissent en termes réels. La rémunération régulière progressait de 3,7 % sur un an sur juin-août 2026 (3,0 % dans le privé, 6,3 % dans le public), soit un gain réel de 0,8 % seulement compte tenu de l'inflation (ONS). Après une décennie 2010 de stagnation, le rattrapage de 2024-2025 s'essouffle.
Salaire minimum et droit du travail. Le National Living Wage a été porté à 12,71 £ de l'heure en avril 2026 (Low Pay Commission), l'un des plus élevés de l'OCDE rapporté au salaire médian. La réforme du droit du travail portée par le gouvernement travailliste (Employment Rights Act : contrats « zéro heure », protection contre le licenciement, congés maladie) entre en application par étapes.
Royaume-Uni — Taux de chômage
Royaume-Uni — Taux d'emploi
Royaume-Uni — Taux d'activité
Royaume-Uni — Chômage des jeunes
Royaume-Uni — Chômage de longue durée
2. Perspectives — vers où va le marché du travail
Un chômage attendu en légère hausse. L'OBR (octobre 2026) prévoit un chômage culminant un peu au-dessus de 5 % au deuxième trimestre 2027, avant une décrue progressive, sous l'effet du ralentissement provoqué par le choc énergétique. La Bank of England, qui a relevé son taux à 4 % le 5 novembre 2026, surveille de près les salaires du privé : c'est par eux que l'inflation importée pourrait s'installer. Ce sont des prévisions, non des données réalisées.
Ramener les inactifs vers l'emploi. Le défi central reste l'inactivité liée à la santé, au croisement de l'emploi et du NHS (listes d'attente, santé mentale, cf. catégorie Santé). L'OBR note que les dispositifs d'accompagnement tardent à produire leurs effets : le programme Connect to Work devrait toucher environ un tiers de participants de moins que prévu d'ici 2028-29.
Un nouveau gouvernement, les mêmes arbitrages. Le gouvernement d'Andy Burnham, en place depuis le 20 juillet 2026, hérite du débat sur la réforme des prestations d'invalidité et de maladie, très contestée au sein même du Labour en 2025, ainsi que de la mise en œuvre de la réforme du droit du travail, entre protection des salariés et coût pour les employeurs.
Immigration de travail et compétences. Le durcissement des règles de visas réduit l'apport de main-d'œuvre étrangère dans le soin, la santé et l'hôtellerie (cf. catégorie Immigration), ce qui renforce l'enjeu de la formation et de l'apprentissage pour relever la productivité.
Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) réduire l'inactivité liée à la santé ; (2) préserver l'emploi des jeunes dans un marché qui se refroidit ; (3) contenir les salaires sans sacrifier le pouvoir d'achat face au choc énergétique.
3. Comparaison internationale — le Royaume-Uni parmi ses pairs
Replacé dans son environnement, le Royaume-Uni conserve un marché du travail flexible et à chômage relativement bas, mais l'écart avec ses voisins s'est réduit depuis 2024.
Trois enseignements. (1) Chômage : toujours sous la moyenne européenne. À 4,9 % en 2025, le chômage britannique reste inférieur à celui de la France (7,7 %), de l'Italie (6,1 %) et de la moyenne de l'Union (6,0 %), mais l'écart avec l'Allemagne (3,8 %) s'est resserré (Eurostat).
(2) Une inactivité singulière. La hausse de l'inactivité pour maladie de longue durée distingue le Royaume-Uni de ses pairs, où la participation s'est mieux redressée après la pandémie ; le taux d'emploi britannique (75,3 % des 16-64 ans) reste néanmoins proche de la France et de la moyenne UE, loin derrière l'Allemagne.
(3) Des salaires plus dynamiques, mais une productivité en retard. Les salaires nominaux progressent plus vite qu'en zone euro, ce qui nourrit l'inflation des services ; sur longue période, la stagnation des salaires réels a été plus sévère qu'en France ou en Allemagne.
Allemagne — Taux de chômage
Union européenne — Taux de chômage (BIT)
Italie — Taux de chômage
France — Taux de chômage
Royaume-Uni — Taux de chômage
Comparaison internationale — marchés du travail
| Pays | Chômage (2025) | Taux d'emploi (20-64, 2025) | Spécificité |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 3,8 % | 81,1 % | pénurie de main-d'œuvre |
| Union européenne | 6,0 % | 76,1 % | — |
| Italie | 6,1 % | 67,6 % | faible emploi |
| France | 7,7 % | 75,4 % | chômage des jeunes |
| Royaume-Uni | 4,9 % | 75,3 % (16-64, juin-août 2026) | inactivité (santé) |
Sources : Eurostat (chômage et taux d'emploi 20-64 ans, moyennes 2025), ONS (Labour Force Survey). Le taux d'emploi britannique porte sur les 16-64 ans, faute de série 20-64 ans récente comparable. « ≈ » signale un arrondi.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Taux de chômage | 4,7 % (juin-août 2026) ; 4,9 % (2025) | ONS (carte Citoyen) |
| Chômage des 16-24 ans | 15,6 % (juin-août 2026) | ONS (carte Citoyen) |
| Inactifs pour maladie de longue durée | 2,74 millions (juin-août 2026) | ONS |
| Salariés (PAYE) | −111 000 sur un an (août 2026) | ONS / HMRC |
| Offres d'emploi | 691 000 (juil.-sept. 2026) | ONS |
| Salaires réguliers | +3,7 % ; +0,8 % en réel (juin-août 2026) | ONS |
| Salaire minimum (NLW) | 12,71 £/h (avril 2026) | Low Pay Commission |
Sources (analyses nationales et références)
Office for National Statistics (ONS — Labour market overview d'octobre 2026, Labour Force Survey, PAYE RTI, inactivité, salaires) · Office for Budget Responsibility (Economic and fiscal outlook d'octobre 2026) · Resolution Foundation (niveaux de vie, salaires) · Institute for Fiscal Studies (IFS) · Low Pay Commission (salaire minimum) · Eurostat · OCDE (Employment Outlook).
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. Comparaisons harmonisées via OCDE/Eurostat ; les estimations de la Labour Force Survey sont entourées d'une marge d'erreur accrue. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible ; les prévisions (OBR) sont signalées comme telles. Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.