Après le pic de plus de 11 % de 2022 et une décrue inachevée, l'inflation britannique est repartie à la hausse en 2026 sous l'effet du choc pétrolier lié à la guerre en Iran : 3,5 % en septembre, carburants en flambée, et une Bank of England revenue aux hausses de taux.
L'essentiel
- En septembre 2026, les carburants coûtaient près de 30 % de plus qu'un an plus tôt : le choc vient de la pompe, pas du panier alimentaire.
- Le Royaume-Uni n'avait pas fini de résorber la crise du coût de la vie de 2022 quand le choc énergétique de 2026 est arrivé.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Prix et pouvoir d'achat au Royaume-Uni. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (ONS — indice CPI, Bank of England, OCDE). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en sont les prix
Une inflation qui n'était jamais vraiment revenue à 2 %. Après un pic à 11,1 % en octobre 2022 — l'un des plus élevés du G7 —, l'indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 7,3 % en moyenne en 2023, 2,5 % en 2024 puis 3,4 % en 2025 (ONS). La décrue s'était donc interrompue avant même le choc de 2026, sous l'effet de hausses de prix administrés (énergie, eau, taxes) et d'une inflation des services restée tenace.
La remontée de 2026. Le CPI a atteint 3,5 % sur un an en septembre 2026, contre 3,1 % en août, son plus haut depuis près d'un an ; l'indice CPIH, qui inclut les coûts de logement des propriétaires, s'élevait à 3,6 % (ONS). L'inflation sous-jacente (hors énergie, alimentation, alcool et tabac) est passée de 2,6 % à 2,8 %, celle des biens de 2,7 % à 3,2 % (plus haut depuis septembre 2023) et celle des services de 3,4 % à 3,7 %.
Le choc vient des carburants. La guerre ouverte fin février 2026 contre l'Iran et les perturbations du détroit d'Ormuz ont fait bondir le pétrole. En septembre 2026, les carburants coûtaient 29,8 % de plus sur un an ; le litre d'essence atteignait en moyenne 169,5 pence et celui de gazole 192,5 pence, des niveaux inédits depuis l'été 2022 (ONS). Les transports ont été la première contribution à l'inflation (0,94 point).
L'alimentation, à contre-courant. Les prix de l'alimentation et des boissons non alcoolisées n'augmentaient que de 1,3 % sur un an en septembre 2026, leur rythme le plus faible depuis 2021, après une forte hausse en 2025. C'est une différence notable avec 2022, où l'alimentation avait amplifié la crise.
Factures d'énergie : une hausse contenue à ce stade. Le plafond tarifaire fixé par Ofgem pour une consommation type est passé à 1 723 £ par an pour octobre-décembre 2026, soit +4 % (+60 £), en partie à cause d'une révision de la consommation de référence. Les prix de gros du gaz se répercutent avec retard dans le plafond, ce qui laisse planer un risque de hausse en début d'année.
Des salaires réels qui progressent à peine. La hausse des salaires réguliers (3,7 % sur juin-août 2026) ne dépasse plus l'inflation que de 0,8 point (ONS). Le pouvoir d'achat, partiellement reconstitué en 2024-2025, recommence à stagner.
Royaume-Uni — Inflation (IPC)
Royaume-Uni — Inflation sous-jacente
Royaume-Uni — Pouvoir d'achat du RDB
2. Perspectives — vers où vont les prix
Une Bank of England de nouveau à la hausse. Le 5 novembre 2026, la banque centrale a relevé son taux directeur de 3,75 % à 4 %, sa première hausse depuis août 2023, pour éviter des effets de second tour sur les salaires et les anticipations. Un membre du comité plaidait pour une hausse plus forte.
Des prévisions orientées à la hausse. L'OBR (octobre 2026) anticipe une inflation culminant près de 4 % début 2027 avant un retour à 2 % en 2028, et un léger recul du revenu disponible réel par habitant à court terme. Il s'agit de prévisions, non de données réalisées ; elles dépendent étroitement du prix du pétrole et du gaz.
Les mesures du budget du 28 octobre. Le chancelier John Healey a choisi d'amortir le choc : TVA ramenée à 0 % sur l'électricité domestique jusqu'en juillet 2027, gel des droits sur les carburants, remise de 100 £ sur la council tax pour les foyers des bandes A à D en Angleterre. Ces mesures réduisent mécaniquement l'inflation mesurée à court terme, mais leur fin programmée en 2027 la fera remonter d'autant.
Logement et taux. La hausse des taux renchérit les crédits immobiliers, souvent à taux fixe de courte durée, et pèse sur les ménages qui renégocient leur prêt ; les loyers privés augmentent encore de près de 4 % sur un an (cf. catégorie Logement).
Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) empêcher le choc énergétique de s'installer dans les salaires et les services ; (2) protéger les ménages modestes sans creuser le déficit ; (3) préserver le pouvoir d'achat alors que les salaires réels ralentissent.
3. Comparaison internationale — le Royaume-Uni parmi ses pairs
Replacé dans son environnement, le Royaume-Uni se distingue par une inflation durablement plus élevée que celle de ses voisins continentaux, avant même le choc de 2026.
Trois enseignements. (1) Un pic très élevé. À plus de 11 % fin 2022, l'inflation britannique a dépassé celle de la France (≈ 5,9 % au pic IPCH) et compte parmi les plus hautes des grands pays, au niveau de l'Allemagne et de l'Italie (≈ 8,7 %).
(2) Une divergence en 2025. Avec 3,4 % en moyenne en 2025, le Royaume-Uni dépasse nettement la moyenne de l'Union (2,5 %), l'Allemagne (2,3 %), l'Italie (1,7 %) et surtout la France (0,9 %, IPCH, Eurostat). L'écart, quasi nul en 2024, s'est rouvert.
(3) Un même choc, des points de départ différents. Le renchérissement du pétrole et du gaz en 2026 frappe toute l'Europe, mais le Royaume-Uni l'aborde avec une inflation des services plus élevée et des salaires plus dynamiques, d'où une réaction monétaire plus rapide.
Italie — Inflation (IPC)
France — Inflation (IPC)
Allemagne — Inflation (IPC)
Union européenne — Inflation (IPC)
Royaume-Uni — Inflation (IPC)
Comparaison internationale — inflation
| Pays | Inflation 2025 | Pic 2022 | Tendance |
|---|---|---|---|
| France | 0,9 % | ≈ 5,9 % | très basse |
| Italie | 1,7 % | ≈ 8,7 % | modérée |
| Allemagne | 2,3 % | ≈ 8,7 % | proche de la cible |
| Union européenne | 2,5 % | ≈ 9,2 % | proche de la cible |
| Royaume-Uni | 3,4 % (CPI) | 11,1 % | remontée en 2026 |
Sources : ONS (CPI national), Eurostat (IPCH, moyennes annuelles 2025 pour les pays UE), OCDE. Le CPI britannique et l'IPCH ne sont pas strictement identiques mais comparables en ordre de grandeur. Le pic 2022 est le maximum mensuel approximatif. « ≈ » signale un arrondi.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Inflation CPI | 3,5 % (sept. 2026) ; 3,4 % (moyenne 2025) | ONS (carte Citoyen) |
| Inflation sous-jacente | 2,8 % (sept. 2026) | ONS (carte Citoyen) |
| Carburants | +29,8 % sur un an (sept. 2026) | ONS |
| Alimentation | +1,3 % sur un an (sept. 2026) | ONS (carte Citoyen) |
| Plafond énergie (conso. type) | 1 723 £/an (oct.-déc. 2026) | Ofgem |
| Salaires réguliers réels | +0,8 % (juin-août 2026) | ONS |
| Pic d'inflation | 11,1 % (oct. 2022) | ONS |
Sources (analyses nationales et références)
Office for National Statistics (ONS — Consumer price inflation de septembre 2026, salaires) · Bank of England (décision du 5 novembre 2026) · Ofgem (plafond tarifaire d'octobre 2026) · Office for Budget Responsibility (Economic and fiscal outlook d'octobre 2026) · HM Treasury (Autumn Budget 2026) · Resolution Foundation (coût de la vie) · OCDE · Eurostat (IPCH).
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. Distinction explicite entre désinflation et baisse des prix ; le CPI britannique diffère de l'IPCH. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible ; les prévisions (OBR) sont signalées comme telles. Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.