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Inde·Santé

Une espérance de vie passée au-dessus de 72 ans, une mortalité infantile au plus bas et un retard de croissance des enfants en recul — mais l'une des plus faibles dépenses publiques de santé au monde, un reste à charge encore lourd et une obésité qui progresse.

Citoyen·Données arrêtées au 7 nov. 2026·4 min de lecture

L'essentiel

Espérance de vie72,24ans2024Dépense de santé3,3% PIB2022Mortalité infantile23,3pour 1 0002024Densité médicale0,72pour 1 0002020
  • La dépense publique de santé reste autour de 1,3 % du PIB selon l'OMS (2023) : le reste à charge des ménages représente encore 44 % de la dépense totale.
  • Selon la NFHS-6, le retard de croissance des moins de 5 ans recule de 35,5 % à 29,3 %, mais l'obésité des femmes grimpe de 24 % à 30,7 % : la double charge s'installe.

Synthèse Citoyen pour la catégorie Santé en Inde. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (ministère de la Santé, enquête NFHS-6, comptes nationaux de la santé, Sample Registration System, OMS, Banque mondiale). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.

1. État des lieux — où en est le système de santé

Des gains de santé considérables. L'espérance de vie à la naissance atteint 72,2 ans en 2024 (Banque mondiale) ; les tables abrégées du Sample Registration System (SRS 2019-2023) donnent environ 68,5 ans pour les hommes et 72,5 ans pour les femmes. La mortalité infantile est tombée à 25 pour 1 000 naissances en 2023 (SRS, publié en septembre 2025), contre 40 en 2013, mais reste à 28 en milieu rural.

Une dépense publique de santé très faible. Selon la base de l'OMS reprise par la Banque mondiale, la dépense publique de santé ne représente qu'environ 1,3 % du PIB en 2023, l'un des niveaux les plus bas du monde. Les comptes nationaux de la santé indiens (NHA 2021-22, publiés en 2024), au périmètre plus large, retiennent 1,84 % du PIB pour la dépense publique et 3,83 % pour la dépense totale. Les deux mesures convergent sur un point : un sous-investissement public chronique.

Un reste à charge en baisse mais lourd. Le reste à charge des ménages est passé de 62,6 % de la dépense totale en 2014-15 à 39,4 % en 2021-22 selon les NHA ; l'OMS l'estime à 44 % en 2023. C'est encore plus de trois fois la part observée dans l'Union européenne. Les dépenses de santé continuent de pousser des ménages dans la pauvreté (« dépenses catastrophiques »).

Ayushman Bharat élargi aux plus âgés. Le programme PM-JAY couvre jusqu'à 5 lakh de roupies par famille et par an pour les soins hospitaliers des ménages modestes. Depuis octobre 2024, son volet Vay Vandana l'étend à toutes les personnes de 70 ans et plus, sans condition de revenu : plus de 1,14 crore de cartes émises à fin février 2026 (réponse au Parlement) et environ 23,5 lakh d'hospitalisations autorisées au 20 octobre 2026, pour un éligible potentiel estimé à quelque 6 crores de seniors. Le budget 2026-27 alloue 1,07 lakh crore de roupies au ministère de la Santé (+10 % sur les dépenses révisées 2025-26).

Une double charge de maladies. La NFHS-6 (enquête 2023-24, publiée fin mai 2026) montre un net recul du retard de croissance des moins de 5 ans (de 35,5 % à 29,3 %) et des accouchements désormais à ≈ 90 % en établissement. Mais l'obésité des femmes passe de 24 % à 30,7 %, signe de la montée rapide des maladies chroniques (diabète, cardiovasculaires). La fiche nationale ne publie pas de ligne sur l'anémie, ce que des chercheurs ont relevé ; le dernier chiffre disponible (NFHS-5) était de 57 % des femmes de 15-49 ans.

Tuberculose et pollution. L'Inde porte encore la plus lourde charge de tuberculose au monde : l'OMS relève une baisse de 21 % de l'incidence entre 2015 et 2024 (contre 12 % au niveau mondial) et de 28 % de la mortalité, loin toutefois de l'objectif national d'élimination. La pollution de l'air reste un facteur de risque majeur (cf. catégorie Environnement).

De fortes inégalités. L'accès et la qualité des soins varient énormément selon la région (le Sud et le Kerala devancent nettement les États du Nord, comme le Madhya Pradesh pour la mortalité infantile), le revenu, le genre et la caste (cf. catégorie Cohésion sociale).

Santé

Inde — Espérance de vie

KPI majeur : l’un des indicateurs clés suivis en priorité pour ce pays.Nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre dans les conditions de mortalité actuelles.
72,24ans
2024
Source : World Bank· Données 2024
Màj 10/2026 · échelle Y tronquée
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Indicateur Citoyen — données réelles · IN · 2026-11-07
Santé

Inde — Dépense de santé

Dépense courante de santé en % du PIB ; mesure les moyens consacrés au système de soins.
3,3% PIB
2022
Source : OECD· Données 2022
Màj 11/2025 · échelle Y tronquée
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Indicateur Citoyen — données réelles · IN · 2026-11-07
Santé

Inde — Mortalité infantile

Décès d'enfants avant 1 an pour 1 000 naissances vivantes ; indicateur clé de l'état de santé d'un pays.
23,3pour 1 000
2024
Source : World Bank· Données 2024
Màj 10/2026 · échelle Y tronquée
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Indicateur Citoyen — données réelles · IN · 2026-11-07
Santé

Inde — Densité médicale

Nombre de médecins pour 1 000 habitants ; un niveau bas signale des déserts médicaux.
0,72pour 1 000
2020
Source : World Bank· Données 2020
Màj 10/2026 · échelle Y tronquée
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Indicateur Citoyen — données réelles · IN · 2026-11-07
Santé

Inde — Couverture vaccinale

Part de la population correctement vaccinée ; un taux élevé protège la collectivité.
94%
2024
Source : World Bank· Données 2024
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Indicateur Citoyen — données réelles · IN · 2026-11-07

2. Perspectives — vers où va le système

Augmenter la dépense publique. La politique nationale de santé de 2017 visait 2,5 % du PIB de dépense publique d'ici 2025 ; l'objectif n'est pas atteint. Relever cette dépense reste l'enjeu central pour réduire le reste à charge.

Étendre et financer la couverture. L'extension de PM-JAY aux plus de 70 ans pose la question du coût et de la qualité de l'offre hospitalière, notamment publique ; l'adhésion de tous les États (le Bengale-Occidental a longtemps préféré son propre régime, Swasthya Sathi) en conditionne la portée.

Double charge de maladies. Il faut lutter à la fois contre la sous-nutrition, encore élevée, et contre l'épidémie de maladies chroniques et de surpoids révélée par la NFHS-6 — un défi propre aux pays en transition.

Médecins et hôpitaux. Le budget 2026-27 prévoit de nouvelles places en faculté de médecine et cinq pôles médicaux régionaux ; la pénurie de personnel dans les zones rurales reste un frein durable.

Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) augmenter la dépense publique et réduire le reste à charge ; (2) étendre la couverture sans dégrader la qualité ; (3) réduire les inégalités de santé entre États.

3. Comparaison internationale — l'Inde parmi ses pairs

Replacée dans son environnement, l'Inde a réalisé des gains de santé importants mais reste en retrait, avec une dépense publique parmi les plus faibles du monde.

Trois enseignements. (1) Espérance de vie : en rattrapage. À 72,2 ans (2024), l'Inde rejoint l'Indonésie (71,3) mais reste sous le Brésil (76,0), la Chine (78,0) et la France (83,0).

(2) Dépense publique : la plus faible. À 1,3 % du PIB (OMS, 2023), la dépense publique de santé indienne est proche de l'Indonésie (1,4 %), mais loin de la Chine (3,4 %), du Brésil (4,3 %) et de la France (7,9 %) — d'où un reste à charge de 44 %, contre 9 % en France.

(3) Une double charge. Comme d'autres pays en transition, l'Inde combine sous-nutrition et maladies chroniques — un défi spécifique que les pays riches n'ont pas connu simultanément.

Santé

France — Espérance de vie

KPI majeur : l’un des indicateurs clés suivis en priorité pour ce pays.Nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre dans les conditions de mortalité actuelles.
83,1ans
2024
Source : Eurostat· Données 2024
Màj 01/2026 · échelle Y tronquée
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Santé

Union européenne — Espérance de vie

KPI majeur : l’un des indicateurs clés suivis en priorité pour ce pays.Nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre dans les conditions de mortalité actuelles.
81,7ans
2024
Source : CEPREMAP· Données 2024
Màj 01/2026 · échelle Y tronquée
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Santé

Chine — Espérance de vie

KPI majeur : l’un des indicateurs clés suivis en priorité pour ce pays.Nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre dans les conditions de mortalité actuelles.
78,02ans
2024
Source : World Bank· Données 2024
Màj 10/2026 · échelle Y tronquée
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Santé

Brésil — Espérance de vie

KPI majeur : l’un des indicateurs clés suivis en priorité pour ce pays.Nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre dans les conditions de mortalité actuelles.
76,02ans
2024
Source : World Bank· Données 2024
Màj 10/2026 · échelle Y tronquée
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Santé

Indonésie — Espérance de vie

KPI majeur : l’un des indicateurs clés suivis en priorité pour ce pays.Nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre dans les conditions de mortalité actuelles.
71,29ans
2024
Source : World Bank· Données 2024
Màj 10/2026 · échelle Y tronquée
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Santé

Inde — Espérance de vie

KPI majeur : l’un des indicateurs clés suivis en priorité pour ce pays.Nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre dans les conditions de mortalité actuelles.
72,24ans
2024
Source : World Bank· Données 2024
Màj 10/2026 · échelle Y tronquée
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Comparaison internationale — life_expectancy · IN · 2026-11-07

Comparaison internationale — santé

PaysEspérance de vie (2024)Dépense publique santé (% PIB, 2023)Reste à charge (% dépense, 2023)
France83,0 ans7,9 % (2024)9 % (2024)
Union européenne81,6 ans7,4 %13 % (2024)
Chine78,0 ans3,4 %32 %
Brésil76,0 ans4,3 %26 %
Indonésie71,3 ans1,4 %31 %
Inde72,2 ans1,3 %44 %

Sources : Banque mondiale (espérance de vie), OMS — Global Health Expenditure Database via la Banque mondiale (dépense publique, reste à charge) ; dernières valeurs réalisées. Les comptes nationaux indiens (NHA) retiennent un périmètre plus large (1,84 % du PIB en 2021-22).

Données mobilisées (socle data journalism)

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DonnéeValeurSource
Espérance de vie (2024)72,2 ansBanque mondiale (carte Citoyen)
Mortalité infantile (2023)25 ‰SRS 2023 (registre général)
Dépense publique de santé / PIB (2023)1,3 % (OMS) · 1,84 % (NHA 2021-22)OMS / Banque mondiale (carte Citoyen) · NHA
Reste à charge / dépense totale44 % (OMS, 2023) · 39,4 % (NHA 2021-22)OMS · NHA
Retard de croissance < 5 ans (2023-24)29,3 % (35,5 % en NFHS-5)NFHS-6
Obésité des femmes (2023-24)30,7 % (24 % en NFHS-5)NFHS-6
Budget du ministère de la Santé (2026-27)≈ 1,07 lakh crore ₹Budget de l'Union

Sources (analyses nationales et références)

Ministère de la Santé et du Bien-être familial (budget 2026-27, PM-JAY / Ayushman Vay Vandana) · National Family Health Survey (NFHS-6, 2023-24) · National Health Accounts 2021-22 (NHSRC / NITI Aayog) · Sample Registration System 2023 (Registrar General of India) · OMS (Global Health Expenditure Database, rapport mondial sur la tuberculose) · Banque mondiale.

Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. La dépense publique est donnée selon l'OMS (comparable entre pays) et selon les comptes nationaux indiens (périmètre plus large) ; les deux sont signalées. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible (pas de prévision). Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.