18,5 millions d'émigrés, la plus grande diaspora du monde, et 150,7 milliards de dollars de remises reçues en 2025, un record mondial — au moment où les États-Unis renchérissent le visa H-1B et où la migration interne reste la dynamique centrale.
L'essentiel
- Avec 150,7 milliards de dollars en 2025 (Banque mondiale), l'Inde reçoit cinq fois plus de remises que la Chine — 3,8 % de son PIB.
- Les immigrés ne représentent que 0,3 % de la population : l'Inde est un pays d'émigration, pas d'immigration.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Migrations en Inde. ⚠️ Spécificité majeure : l'Inde est avant tout un pays d'émigration et de migration interne ; l'immigration internationale y est marginale. Ancrée sur les données disponibles (ONU DESA, Banque mondiale, Banque de réserve de l'Inde, ministère des Affaires étrangères, recensement). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en sont les migrations
La plus grande diaspora du monde. Selon les estimations de l'ONU (International Migrant Stock 2024), environ 18,5 millions de personnes nées en Inde vivent à l'étranger, contre 6,5 millions en 1990 — près de 6 % des migrants internationaux de la planète. Les Émirats arabes unis (≈ 3,2 millions) et les États-Unis (≈ 3,2 millions) sont les deux premières destinations, devant l'Arabie saoudite et les autres pays du Golfe, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie. En comptant les personnes d'origine indienne nées à l'étranger, le ministère des Affaires étrangères (MEA) recense plusieurs dizaines de millions de membres de la diaspora.
Le premier pays récepteur de remises. L'Inde a reçu 150,7 milliards de dollars de remises migratoires en 2025 (Banque mondiale), soit 3,8 % de son PIB et environ un septième du total mondial, loin devant le Mexique (65,1 milliards) et la Chine (30,0 milliards). Les données de balance des paiements de la Banque de réserve (RBI) confirment un nouveau record pour l'exercice 2025-26. Ces transferts financent une part importante du déficit commercial et soutiennent les revenus de millions de ménages, notamment au Kerala et dans les États du Sud.
Une émigration qualifiée et de travail. L'émigration combine une émigration qualifiée (ingénieurs, informaticiens, médecins, étudiants vers l'Amérique du Nord, le Royaume-Uni, l'Australie) et une émigration de travail peu qualifiée vers les pays du Golfe, aux conditions très différentes. La part des remises venant des pays avancés (États-Unis, Royaume-Uni, Singapour) a nettement augmenté ces dernières années, au détriment du Golfe.
Le tournant américain. Depuis septembre 2025, une redevance de 100 000 dollars s'applique aux nouvelles demandes de visa H-1B pour des travailleurs résidant à l'étranger, et la sélection par tirage au sort a été pondérée par le niveau de salaire. Les Indiens obtiennent environ deux tiers des H-1B ; le modèle budgétaire de Wharton estime que leur part des sélections pourrait reculer de 66,8 % à 56-64 %. Une taxe fédérale de 1 % sur les transferts d'argent en espèces depuis les États-Unis s'applique depuis le 1er janvier 2026, les virements bancaires et par carte en étant exemptés. Côté expulsions, le MEA a recensé 1 076 Indiens renvoyés des États-Unis sur les cinq premiers mois de 2026 ; les totaux de 2025 diffèrent selon les sources officielles (2 025 ou 3 567).
Une migration interne massive. La dynamique migratoire centrale reste interne : le recensement de 2011, le dernier disponible, comptait environ 450 millions de personnes ne vivant pas dans leur lieu de naissance (saisonniers, ruraux vers les villes, migrations entre États, mariage). Ces migrants, souvent informels et précaires, ont été très exposés lors des confinements de 2020. Le prochain recensement, dont la collecte se déroule en 2026-27, doit actualiser ces chiffres.
Une immigration internationale marginale. Les immigrés ne représentent que 0,3 % de la population (Banque mondiale, 2024), principalement des voisins (Népal, Bangladesh) et des réfugiés régionaux. Depuis le 1er septembre 2025, la loi sur l'immigration et les étrangers (Immigration and Foreigners Act 2025) remplace quatre textes datant de 1920 à 2000 et durcit les sanctions contre les faux passeports et visas.
Inde — Solde migratoire
2. Perspectives — vers où vont les migrations
Valoriser la diaspora. Mobiliser la diaspora (investissements, transferts, compétences, influence) reste un axe stratégique ; la Banque mondiale anticipe une poursuite de la hausse des remises, à manier comme une projection.
Diversifier les destinations. Le durcissement américain (H-1B, étudiants) et les restrictions au Canada et au Royaume-Uni poussent étudiants et travailleurs qualifiés vers d'autres pays (Allemagne, Japon, accords de mobilité). Les données d'inscription montrent un recul des candidatures indiennes aux universités américaines pour 2026-27. Le gouvernement mise aussi sur l'accueil d'étudiants étrangers en Inde.
Protéger les émigrés de travail. Améliorer les conditions et la protection des travailleurs dans le Golfe (souvent vulnérables, système de parrainage) reste un enjeu, de même que la lutte contre les filières d'émigration irrégulière.
Encadrer la migration interne. Mieux protéger les migrants internes (souvent informels, cf. catégorie Travail), assurer la portabilité des droits (rations alimentaires, assurance santé) et faciliter leur mobilité est un enjeu social majeur.
Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) préserver les débouchés de l'émigration qualifiée face aux restrictions des pays d'accueil ; (2) protéger les émigrés de travail ; (3) encadrer la migration interne.
3. Comparaison internationale — l'Inde parmi ses pairs
Replacée dans son environnement, l'Inde est avant tout un pays d'émigration et de migration interne, avec la plus grande diaspora du monde — un profil opposé aux pays d'immigration.
Trois enseignements. (1) Diaspora et remises : record mondial. Avec 150,7 milliards de dollars en 2025, l'Inde reçoit plus de remises que la Chine, l'Indonésie et le Brésil réunis.
(2) Immigration marginale. Comme en Chine (0,1 %) et en Indonésie (0,2 %), la part des immigrés est infime (0,3 %), à l'opposé des États-Unis (15,2 %).
(3) La migration interne domine. Comme la Chine et le Brésil, la dynamique migratoire indienne est avant tout interne et massive ; le solde migratoire international est légèrement négatif (≈ −0,5 million en 2025, estimation ONU).
États-Unis — Part de la population immigrée
Comparaison internationale — migrations
| Pays | Type dominant | Remises reçues (2025) | Immigrés (% pop., 2024) |
|---|---|---|---|
| États-Unis | immigration | 9,3 Md$ | 15,2 % |
| Chine | interne / émigration | 30,0 Md$ | 0,1 % |
| Brésil | interne / accueil régional | 4,8 Md$ | 0,7 % |
| Indonésie | émigration de travail | 17,6 Md$ | 0,2 % |
| Inde | émigration / interne | 150,7 Md$ (1er mondial) | 0,3 % |
Sources : Banque mondiale (remises de travailleurs et rémunérations reçues, 2025 ; stock de migrants, 2024, d'après l'ONU DESA). En Inde, la migration est avant tout l'émigration et la migration interne. Les séries de la RBI (exercice avril-mars) et de la Banque mondiale (année civile) ne se comparent pas directement.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Émigrés nés en Inde (2024) | ≈ 18,5 millions (1er mondial) | ONU DESA |
| Remises migratoires reçues (2025) | 150,7 Md$ (3,8 % du PIB) | Banque mondiale |
| Part des immigrés dans la population (2024) | 0,3 % | Banque mondiale / ONU DESA (carte Citoyen) |
| Solde migratoire (2025) | ≈ −0,5 million | ONU (via Banque mondiale, carte Citoyen) |
| Indiens expulsés des États-Unis (janv.-mai 2026) | 1 076 | MEA |
| Migration interne | ≈ 450 millions (recensement 2011) | Recensement de l'Inde |
| Cadre légal | Immigration and Foreigners Act 2025 (en vigueur au 1er sept. 2025) | Ministère de l'Intérieur |
Sources (analyses nationales et références)
Ministère des Affaires étrangères (MEA — diaspora, expulsions) · Banque de réserve de l'Inde (balance des paiements) · Banque mondiale (remises migratoires, stock de migrants) · ONU DESA (International Migrant Stock 2024) · Recensement de l'Inde 2011 (migration interne) · Ministère de l'Intérieur (Immigration and Foreigners Act 2025) · USCIS / Penn Wharton Budget Model (H-1B).
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. ⚠️ La catégorie « migrations » est ici recentrée sur l'émigration, la diaspora et la migration interne, l'immigration internationale étant marginale. Les chiffres d'expulsions diffèrent selon les déclarations officielles ; l'effet du H-1B sur la part indienne est une estimation de modèle. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible (pas de prévision). Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.