Les arrivées par la mer ont plus que diminué de moitié en 2026, mais l'immigration légale, elle, n'a jamais autant soutenu la démographie : +296 000 de solde migratoire en 2025, sans lequel la population italienne reculerait de plus de 300 000 habitants par an.
L'essentiel
- En 2025, l'Italie a enregistré 355 000 naissances pour 652 000 décès : c'est le solde migratoire de +296 000 qui a maintenu la population stable.
- Au 7 septembre 2026, 20 622 personnes avaient débarqué sur les côtes italiennes, contre 45 364 un an plus tôt — un recul de plus de 50 %.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Immigration en Italie. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (ISTAT, ministère de l'Intérieur, Fondazione ISMU, OCDE, Eurostat). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés ; les définitions (étranger résident, né à l'étranger) sont précisées. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en est l'immigration
Une immigration qui compense le déclin naturel. Selon l'ISTAT (rapport sur les migrations publié le 3 août 2026, données provisoires), le solde migratoire avec l'étranger atteint +296 000 en 2025 (+263 000 en 2024) : 440 000 entrées, dont 383 000 étrangers, pour 144 000 sorties. Face à un solde naturel de près de −300 000 (355 000 naissances, 652 000 décès), c'est ce solde qui a maintenu la population quasi stable, à 58,9 millions d'habitants au 1er janvier 2026.
Une population étrangère qui croît. Au 1er janvier 2026, l'Italie compte 5,56 millions de résidents de nationalité étrangère, soit 9,4 % de la population (+188 000 en un an, ISTAT). Au sens large — personnes nées à l'étranger, y compris devenues italiennes — la part atteint 11,8 % au 1er janvier 2025 (Eurostat), moins qu'en France (14,0 %) ou en Allemagne (20,5 %).
Des départs d'Italiens en baisse, un Sud qui se vide. Les expatriations d'Italiens tombent à 109 000 en 2025 (−22,7 %), après un pic en 2024 lié en partie au durcissement des règles d'inscription au registre des Italiens de l'étranger (AIRE) ; le solde des Italiens reste négatif (−53 000). Entre 2019 et 2025, le Mezzogiorno a perdu environ 150 000 jeunes diplômés de 25 à 34 ans, partis surtout vers le Centre-Nord.
Des arrivées par la mer en net recul. D'après le tableau de bord du ministère de l'Intérieur, 65 970 personnes ont débarqué en 2025 (66 000 environ en 2024, contre près de 158 000 en 2023). En 2026 la baisse s'accentue : 20 622 arrivées au 7 septembre, contre 45 364 à la même date de 2025. Le gouvernement l'attribue aux accords avec la Tunisie et la Libye et à la lutte contre les passeurs ; le quotidien catholique Avvenire et des ONG relèvent au contraire une hausse des morts et disparus sur la route maritime. Ce décompte n'inclut pas les entrées par la route des Balkans ou par avion.
L'asile : toujours une demande élevée. L'Italie a enregistré 128 655 premières demandes d'asile en 2025 (Eurostat), en baisse par rapport à 2024 (151 120), mais davantage que la France (116 475) ou l'Allemagne (113 235), une partie des demandeurs arrivant par d'autres voies que la mer.
Le travail, porte d'entrée assumée. Le décret « Flussi » 2026-2028 prévoit 497 550 entrées de travailleurs étrangers sur trois ans, dont environ 165 000 en 2026 (près de 88 000 saisonniers), plus des quotas pour l'aide à domicile — un niveau inédit, défendu par le gouvernement Meloni au nom des besoins de l'agriculture, du tourisme, du soin et de l'industrie.
Italie — Demandes d'asile
Italie — Titres de séjour délivrés
Italie — Solde migratoire
Italie — Taux d'emploi des immigrés
2. Perspectives — vers où va l'immigration
Le Pacte européen et les centres en Albanie. Le Pacte européen sur la migration et l'asile est applicable depuis le 12 juin 2026 : procédures accélérées aux frontières, listes de pays d'origine sûrs, solidarité entre États. Le gouvernement compte s'en servir pour relancer les centres de Gjadër et Shëngjin en Albanie, ouverts fin 2024, longtemps paralysés par les juridictions et reconvertis en 2025 en centres de rétention avant expulsion. En 2026, deux avocats généraux de la Cour de justice de l'UE ont jugé le protocole compatible en principe avec le droit de l'Union, sous réserve des garanties sur la rétention (avis non contraignants). L'opposition et Amnesty International critiquent un dispositif coûteux — quelque 650 millions d'euros prévus — pour peu de personnes concernées.
Les retours, maillon faible. Les expulsions effectives restent faibles au regard des décisions d'éloignement ; Rome plaide à Bruxelles pour des « hubs de retour » dans des pays tiers, une idée qui divise les Européens.
Concilier fermeté et besoins de main-d'œuvre. Avec une fécondité tombée à 1,14 enfant par femme en 2025, la question n'est plus de savoir si l'Italie a besoin d'immigrés, mais lesquels et comment les intégrer : les procédures du décret « Flussi » (tirages au sort par « click day », délais, permis non convertis en contrats) sont régulièrement critiquées par les employeurs et les syndicats.
Citoyenneté et deuxième génération. Le référendum de juin 2025 visant à réduire de dix à cinq ans la durée de résidence exigée pour la naturalisation a échoué faute de quorum. Le débat sur l'accès à la nationalité des enfants scolarisés en Italie (« ius scholae ») reste ouvert, tandis que la transmission de la nationalité aux descendants d'émigrés a été restreinte en 2025.
Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) pérenniser la baisse des arrivées sans dégrader le respect du droit d'asile ; (2) faire fonctionner l'immigration de travail à l'échelle prévue ; (3) réussir l'intégration, dont celle de la deuxième génération.
3. Comparaison internationale — l'Italie parmi ses pairs
Replacée dans son environnement, l'Italie est un pays d'immigration plus récent et d'intensité plus faible que ses voisins du Nord, mais en première ligne sur les arrivées maritimes et confronté à un impératif démographique.
Trois enseignements. (1) Une part plus faible. Avec 11,8 % de personnes nées à l'étranger (2025), l'Italie reste en dessous de la France (14,0 %), de l'Union (14,4 %), du Royaume-Uni (≈ 15-16 %), de l'Allemagne (20,5 %) et du Canada (≈ 23 %).
(2) Une position géographique singulière. L'Italie est, avec l'Espagne et la Grèce, en première ligne des arrivées maritimes ; en août 2026, les chiffres de l'ISTAT et du ministère sur la baisse des débarquements ont ravivé une polémique avec l'Espagne sur la gestion des flux.
(3) Un impératif démographique. Aucun des pays comparés n'a un solde naturel aussi négatif : l'immigration y est la seule composante positive de la dynamique de population — un paradoxe avec la fermeté affichée sur l'asile.
Comparaison internationale — immigration
| Pays | Nés à l'étranger (% pop., 2025) | Profil d'admission | Spécificité |
|---|---|---|---|
| Canada | ≈ 23 % | économique (points) | sélectif |
| Allemagne | 20,5 % | asile / travail | démographie |
| Royaume-Uni | ≈ 15-16 % | travail / études | post-Brexit |
| France | 14,0 % | famille / étudiant | — |
| Union européenne | 14,4 % | variable | libre circulation interne |
| Italie | 11,8 % | travail / famille | arrivées maritimes |
Sources : Eurostat (migr_pop3ctb, 1er janvier 2025) pour l'Italie, la France, l'Allemagne et l'UE ; Canada (StatCan, recensement 2021) et Royaume-Uni (ONS, recensement 2021) : ordres de grandeur. Part « née à l'étranger » (définition large) pour la comparabilité. « ≈ » signale un arrondi.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Solde migratoire avec l'étranger (2025) | +296 000 (provisoire) | ISTAT (carte Citoyen) |
| Résidents étrangers (1er janv. 2026) | 5,56 millions (9,4 %) | ISTAT |
| Population née à l'étranger (1er janv. 2025) | 11,8 % | Eurostat (carte Citoyen) |
| Arrivées par la mer | 65 970 (2025) · 20 622 au 7 sept. 2026 | Ministère de l'Intérieur |
| Premières demandes d'asile (2025) | 128 655 | Eurostat (carte Citoyen) |
| Décret « Flussi » 2026-2028 | 497 550 entrées sur 3 ans | DPCM du 2 octobre 2025 |
| Solde naturel (2025) | ≈ −297 000 | ISTAT |
Sources (analyses nationales et références)
Istituto nazionale di statistica (ISTAT — indicateurs démographiques 2025, « Migrazioni interne e internazionali della popolazione residente, anni 2024-2025 », 3 août 2026) · Ministero dell'Interno (tableau de bord des débarquements, asile) · DPCM « Flussi » 2026-2028 · Fondazione ISMU · Centro Studi IDOS · Cour de justice de l'UE · OCDE (Perspectives des migrations internationales) · Eurostat (migration et asile).
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. Précision des définitions (étranger résident vs né à l'étranger). Les débarquements ne couvrent que les arrivées par la mer. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible (pas de prévision). Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.