L'Italie est le pays de l'UE qui consacre la plus grande part de son PIB aux pensions et celui dont la population vieillit le plus vite ; l'âge légal, indexé sur l'espérance de vie, passera à 67 ans et 1 mois en 2027, tandis que le budget 2027 prépare une sortie flexible à 64 ans.
L'essentiel
- L'Italie consacre 15,9 % de son PIB aux pensions en 2024, le niveau le plus élevé de l'Union européenne.
- Il y a 39 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes de 15 à 64 ans, contre 34,5 dans l'UE.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Retraites en Italie. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (INPS, ISTAT, Eurostat, OCDE) et les analyses de référence (Ragioneria generale dello Stato, Banca d'Italia). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en sont les retraites italiennes
La dépense la plus élevée de l'UE. Selon la définition harmonisée d'Eurostat (ESSPROS : vieillesse, survie, invalidité et préretraite, régimes publics et privés), l'Italie consacre 15,9 % de son PIB aux pensions en 2024, au premier rang des 27, devant l'Autriche (15,4 %) et la France (15,0 %), contre 12,6 % pour l'UE (provisoire). La base SOCX de l'OCDE, au périmètre différent, donne 16,1 % du PIB pour les pensions publiques et 0,8 % pour les régimes privés en 2021 ; les deux mesures ne se comparent pas comme une seule série.
Un système public en transition vers le contributif. Les pensions sont versées pour l'essentiel par l'INPS, en répartition. Depuis la réforme Dini (1995), puis la réforme Fornero (2011), le calcul passe progressivement d'une formule fondée sur les derniers salaires (retributivo) à un calcul « contributif » proportionnel aux cotisations versées au long de la carrière et converti en pension par des coefficients liés à l'espérance de vie. Les fonds de pension complémentaires, alimentés notamment par l'indemnité de fin de contrat (TFR), restent minoritaires.
Un âge légal élevé, une sortie plus précoce. L'âge de la pensione di vecchiaia est de 67 ans (avec 20 ans de cotisation). Mais de nombreux départs passent par la retraite anticipée à durée de cotisation (42 ans et 10 mois pour les hommes, un an de moins pour les femmes, jusqu'en 2026). L'âge effectif de sortie du marché du travail calculé par l'OCDE est de 64,0 ans pour les hommes et 62,6 ans pour les femmes en 2024. Le taux d'emploi des 55-64 ans atteint 61,2 % en 2025 et celui des 60-64 ans 50,4 % (Eurostat), en hausse de plus de trois points en un an mais sous la moyenne de l'UE (55,0 %).
Des retraités au niveau des actifs. Le revenu médian des 65 ans et plus est égal à 100 % de celui des moins de 65 ans en 2025 (Eurostat), contre 91 % dans l'UE. Une partie des pensions en cours reste calculée selon l'ancienne formule, plus généreuse.
Italie — Taux d'emploi des 60-64 ans
2. Perspectives — vers où vont les retraites
La démographie la plus défavorable du groupe. Le taux de dépendance des personnes âgées atteint 39,0 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes de 15 à 64 ans au 1er janvier 2025 (Eurostat), contre 35,9 en Allemagne, 35,5 en France et 34,5 dans l'UE. La faible natalité réduit la base de cotisants.
Un âge qui suit l'espérance de vie. La loi lie l'âge légal à l'espérance de vie. La loi de finances pour 2026 a étalé la prochaine hausse : l'âge passera à 67 ans et 1 mois en 2027, puis à 67 ans et 3 mois en 2028 (INPS), au lieu de trois mois d'un coup ; les durées de cotisation pour la retraite anticipée suivent le même ajustement, les métiers pénibles en étant exemptés. La Ragioneria generale dello Stato projette 67 ans et 6 mois en 2029 (rapport de septembre 2026, projection). Les dispositifs dérogatoires Quota 103 et Opzione donna n'ont pas été reconduits au-delà des droits acquis fin 2025.
Le budget 2027. Le projet de loi de finances approuvé en Conseil des ministres le 28 octobre 2026 (environ 26 milliards d'euros de mesures) prévoit, selon la presse, un fonds d'environ 850 millions d'euros pour une sortie flexible à 64 ans, dont les conditions seront fixées par décret en janvier, ainsi qu'un compte retraite alimenté par l'État à hauteur de 100 euros par an pour chaque nouveau-né. Le texte doit être adopté par le Parlement avant le 31 décembre.
Une dépense projetée en hausse jusqu'aux années 2040. Dans le rapport précédent de la Ragioneria (décembre 2025, projection), la dépense de pensions passerait d'environ 15 % à 17 % du PIB vers 2040, avant de reculer grâce à la montée du calcul contributif. L'Osservatorio sui conti pubblici (Université catholique) juge ces projections optimistes, notamment sur la productivité.
Les questions ouvertes. Le débat oppose ceux qui veulent geler l'âge à 67 ans ou multiplier les sorties anticipées (Lega notamment) à ceux qui rappellent le coût de toute dérogation pour un pays à la dette élevée (Ragioneria, Banque d'Italie). Trois arbitrages : (1) l'âge et son indexation ; (2) les sorties anticipées ; (3) l'adéquation des futures pensions contributives, plus faibles pour les carrières discontinues. Citoyen présente ces options sans trancher.
3. Comparaison internationale — l'Italie parmi ses pairs
Replacée parmi ses voisins, l'Italie combine la dépense la plus élevée, la population la plus âgée et des retraités à parité avec les actifs.
Trois enseignements. (1) Dépense : en tête. À 15,9 % du PIB en 2024 (Eurostat), l'Italie dépense davantage que la France (15,0 %), l'Espagne (13,2 %), l'UE (12,6 %) et l'Allemagne (11,7 %). (2) Âge de sortie : proche de la moyenne pour les hommes. Les hommes quittent l'emploi à 64,0 ans, comme en Allemagne (64,2 ans) et au-dessus de la France (61,9 ans) ; les femmes plus tôt (62,6 ans), reflet de carrières plus courtes (OCDE, 2024). (3) Niveau de vie : parmi les plus favorables. Le ratio de revenu médian des 65 ans et plus (1,00 en 2025) dépasse celui de la France (0,97), de l'UE (0,91) et de l'Allemagne (0,83), derrière l'Espagne (1,06).
L'écart le plus marqué tient à l'emploi des 60-64 ans : 50,4 % en Italie contre 67,6 % en Allemagne en 2025, malgré une progression rapide depuis la réforme Fornero.
Comparaison internationale — retraites
| Pays | Dépense de pensions (% PIB, 2024) | Âge effectif de sortie H / F (2024) | Emploi des 60-64 ans (2025) | Revenu médian 65+ / < 65 ans (2025) |
|---|---|---|---|---|
| France | 15,0 % | 61,9 / 62,4 ans | 44,4 % | 0,97 |
| Allemagne | 11,7 % (prov.) | 64,2 / 63,9 ans | 67,6 % | 0,83 |
| Espagne | 13,2 % | 62,4 / 63,0 ans | 53,0 % | 1,06 |
| Union européenne | 12,6 % (prov.) | 63,9 / 62,7 ans | 55,0 % | 0,91 |
| Italie | 15,9 % | 64,0 / 62,6 ans | 50,4 % | 1,00 |
Sources : Eurostat (spr_exp_pens, périmètre ESSPROS ; lfsa_ergan ; ilc_pnp2), OCDE (Pensions at a Glance, âge effectif moyen de sortie du marché du travail) — dernières valeurs réalisées disponibles. Le Royaume-Uni n'est plus couvert par Eurostat depuis 2018 et n'apparaît donc pas dans ce tableau.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Dépense de pensions (ESSPROS) | 15,9 % du PIB (2024) | Eurostat spr_exp_pens (carte Citoyen) |
| Pensions publiques / privées (SOCX) | 16,1 % / 0,8 % du PIB (2021) | OCDE SOCX (carte Citoyen) |
| Âge effectif de sortie (H / F) | 64,0 / 62,6 ans (2024) | OCDE Pensions at a Glance (carte Citoyen) |
| Âge légal (pensione di vecchiaia) | 67 ans (2026) · 67 ans et 1 mois (2027) | INPS / loi de finances 2026 |
| Taux d'emploi des 60-64 ans | 50,4 % (2025) | Eurostat lfsa_ergan (carte Citoyen) |
| Taux d'emploi des 55-64 ans | 61,2 % (2025) | Eurostat lfsi_emp_a |
| Revenu médian 65+ / < 65 ans | 1,00 (2025) | Eurostat ilc_pnp2 (carte Citoyen) |
| Taux de dépendance des personnes âgées | 39,0 (1er janvier 2025) | Eurostat demo_pjanind |
Sources (analyses nationales et références)
INPS (âge de départ 2027-2028) · Ragioneria generale dello Stato (tendances de moyen-long terme du système de retraite, rapports de décembre 2025 et septembre 2026) · ISTAT · loi de finances pour 2026 (loi n° 199/2025) · projet de loi de finances pour 2027 (Conseil des ministres du 28 octobre 2026) · Osservatorio sui conti pubblici italiani · Banca d'Italia · Eurostat (ESSPROS, enquête Forces de travail, EU-SILC, démographie) · OCDE (Pensions at a Glance, SOCX).
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre (présente les débats plutôt que de trancher), date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible ; les projections de la Ragioneria et les mesures du projet de budget 2027 sont signalées comme telles. Les mesures Eurostat (ESSPROS) et OCDE (SOCX) ont des périmètres différents et ne sont jamais comparées comme une seule série. Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.