Un pays très sûr pour la violence classique, au taux d'homicides bas et au contrôle strict des armes, dont les menaces se sont déplacées vers l'escroquerie en ligne, les violences sexuelles numériques et les violences de couple — tandis que le suicide, en léger recul en 2025, reste le premier enjeu de sécurité humaine.
L'essentiel
- La Corée reste l'un des pays les plus sûrs au monde pour la criminalité violente classique : armes à feu quasi absentes, homicides autour de 0,5-0,6 pour 100 000.
- L'hameçonnage vocal a coûté plus de 1 000 milliards de wons aux victimes en 2025 ; près d'un suspect de cybercriminalité sexuelle sur deux est un adolescent.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Sécurité en Corée du Sud. Ancrée sur les données chiffrées du secteur (Agence nationale de la police, Statistics Korea, UNODC). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en est la sécurité
Un taux d'homicides bas. Le taux d'homicides se situe autour de 0,5 à 0,6 pour 100 000 habitants (Agence nationale de la police / UNODC, dernières années disponibles), parmi les plus faibles au monde. Le contrôle strict des armes — quasi-absence d'armes à feu en circulation — contribue à la faible violence létale. Aucune série nationale 2025 consolidée plus récente n'a été trouvée pour cette note.
Un pays sûr, une inquiétude qui monte. La criminalité de rue reste faible, mais une série d'attaques au couteau très médiatisées depuis 2023 a nourri un sentiment d'insécurité : la police de Séoul a recensé 307 infractions commises avec une arme blanche dans la capitale en 2025, selon un chiffre relayé par la presse. L'écart entre faible risque mesuré et inquiétude perçue est devenu un sujet en soi.
Violences de couple et harcèlement. Selon une analyse du Korea Herald (octobre 2026), près d'un meurtre sur cinq depuis 2023 a été commis par un auteur déjà signalé pour violences conjugales, violences dans le couple, harcèlement (stalking) ou violences sexuelles. La police a distribué 21 974 montres d'alerte aux victimes en 2025 et 19 223 de janvier à septembre 2026, et suivait en octobre près de 44 000 dossiers de violences relationnelles, en priorisant les récidivistes à haut risque.
Cybercriminalité sexuelle : les adolescents en première ligne. Lors d'une opération nationale menée de novembre 2024 à octobre 2025, la police a interpellé 3 557 personnes pour violences sexuelles en ligne, dont 47,6 % d'adolescents ; les deepfakes sexuels représentaient le premier type d'infraction (1 553 cas, 35,2 %). Les enquêtes sous couverture ont plus que triplé en 2026 (598 de janvier à août).
L'escroquerie téléphonique, record puis repli. Les pertes liées au « voice phishing » ont dépassé pour la première fois 1 000 milliards de wons en 2025 (≈ 1 260 milliards sur l'année selon une série ; les séries de la police et du superviseur financier FSS divergent fortement). Après la création d'une task force en août 2025, le nombre de cas a reculé de 39,9 % entre octobre 2025 et juillet 2026 (12 554 cas) par rapport à un an plus tôt — mais le préjudice moyen par victime augmente.
Le suicide, enjeu dominant, en léger recul. Statistics Korea a recensé 14 144 suicides en 2025 (statistiques publiées en septembre 2026), soit un taux de 27,8 pour 100 000 contre 29,1 en 2024, le pire niveau depuis 2011. Le taux baisse dans toutes les classes d'âge adultes, mais atteint un record chez les 10-19 ans (8,6 pour 100 000) — le pays reste très au-dessus de la moyenne de l'OCDE (cf. catégorie Santé).
Corée du Sud — Homicides
2. Perspectives — vers où va la sécurité
Une police aux pouvoirs élargis. Depuis le 2 octobre 2026, le parquet a été scindé en un service chargé des seules poursuites et une Agence d'enquête sur les crimes graves (cf. catégorie Justice). La police hérite de l'essentiel des enquêtes ordinaires ; la presse coréenne relève des craintes de « trous » dans le traitement de certains dossiers (stupéfiants, affaires transmises par les douanes) pendant la transition. La capacité d'absorption de la police sera un test des prochains mois.
Violences de genre et numériques. La lutte contre les deepfakes et le harcèlement reste un chantier législatif et éducatif ; la police prévoit d'élargir la prévention en milieu scolaire avec le ministère de l'Éducation. Le débat porte sur la réactivité des plateformes et sur la protection effective des victimes signalées.
Escroqueries organisées. Le recul récent des cas d'hameçonnage vocal montre l'effet d'une répression coordonnée, mais les réseaux, souvent basés à l'étranger, s'adaptent ; la montée du préjudice moyen invite à la prudence avant de conclure à une tendance durable.
Prévention du suicide. La baisse de 2025 est la première depuis plusieurs années ; la hausse chez les adolescents concentre désormais l'attention des pouvoirs publics (cf. catégorie Santé).
Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) réussir la transition vers une police aux pouvoirs d'enquête élargis ; (2) contenir les violences numériques et relationnelles ; (3) confirmer le recul du suicide, en particulier chez les jeunes.
3. Comparaison internationale — la Corée parmi ses pairs
Replacée dans son environnement, la Corée est très sûre pour la criminalité violente classique, mais marquée par des violences numériques et relationnelles et par le suicide.
Trois enseignements. (1) Homicides : parmi les plus bas. À ≈ 0,5-0,6 / 100 000, le taux coréen est proche du Japon (≈ 0,2-0,3), sous la France (≈ 1,2) et très loin des États-Unis (≈ 6).
(2) Le contrôle des armes. Comme le Japon, la quasi-absence d'armes à feu contribue à la faible violence létale, à l'opposé des États-Unis ; les attaques au couteau occupent la place médiatique que tiennent ailleurs les fusillades.
(3) Des enjeux spécifiques. Les violences sexuelles numériques, l'escroquerie téléphonique de masse et le suicide sont des problématiques particulièrement marquées en Corée ; leurs mesures nationales ne se comparent pas directement aux autres pays.
Japon — Taux d'homicides
Allemagne — Taux d'homicides
France — Taux d'homicides
États-Unis — Taux d'homicides
Corée du Sud — Homicides
Comparaison internationale — homicides
| Pays | Homicides / 100 000 | Armes à feu | Enjeu spécifique |
|---|---|---|---|
| Japon | ≈ 0,2-0,3 | quasi-absentes | fraude aux âgés |
| Allemagne | ≈ 0,8-1,0 | contrôlées | cybercriminalité |
| France | ≈ 1,2 | contrôlées | violences intrafamiliales |
| États-Unis | ≈ 6,0 | très répandues | armes à feu |
| Corée du Sud | ≈ 0,5-0,6 | quasi-absentes | violences numériques, hameçonnage vocal |
Sources : UNODC, Agence nationale de la police (dernières années disponibles). Seuls les homicides sont raisonnablement comparables ; les autres colonnes sont qualitatives. « ≈ » signale un arrondi.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Taux d'homicides | ≈ 0,5-0,6 / 100 000 | Police nationale / UNODC (carte Citoyen) |
| Suicides (2025) | 14 144 · 27,8 / 100 000 (29,1 en 2024) | Statistics Korea (sept. 2026) |
| Cybercriminalité sexuelle (nov. 2024-oct. 2025) | 3 557 interpellés, 47,6 % d'adolescents | Police nationale |
| Hameçonnage vocal (2025) | > 1 000 Md wons de pertes | Police nationale / FSS |
| Hameçonnage vocal (oct. 2025-juil. 2026) | 12 554 cas (−39,9 % sur un an) | Gouvernement |
| Montres d'alerte remises aux victimes (2025) | 21 974 | Police nationale |
Sources (analyses nationales et références)
Agence nationale de la police (criminalité, cybercriminalité sexuelle, violences relationnelles, hameçonnage vocal) · Statistics Korea (causes de décès 2025, septembre 2026) · Financial Supervisory Service · UNODC (homicides intentionnels) · presse coréenne (Korea Herald, Korea Times, JoongAng Daily) pour la réforme du parquet et les analyses de 2026.
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. Comparaisons internationales limitées aux homicides. Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible (pas de prévision). Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.