Une mobilité encore dominée par la voiture, mais une mortalité routière divisée par plus de deux depuis 2016 selon les chiffres officiels, et un métro de Riyad qui transporte désormais une trentaine de millions de voyageurs par trimestre — avec en ligne de mire l'Expo 2030 et la Coupe du monde 2034.
L'essentiel
- 4 438 morts sur les routes en 2025, contre 8 632 en 2016 : le taux officiel est passé de 28,8 à environ 12 pour 100 000 habitants.
- Le métro de Riyad, ouvert entre décembre 2024 et janvier 2025, a transporté 30,4 millions de voyageurs au troisième trimestre 2026.
Synthèse Citoyen pour la catégorie Transport et mobilité en Arabie saoudite. Ancrée sur les données disponibles (ministère des Transports, GASTAT, OMS). Toutes les valeurs sont la dernière observation réalisée disponible — jamais une prévision. Les appréciations sont distinguées des faits sourcés. Dernière actualisation des données : novembre 2026.
1. État des lieux — où en est la mobilité en Arabie saoudite
Une forte dépendance à l'automobile. La mobilité repose largement sur l'automobile, favorisée par un carburant longtemps très bon marché, des villes étalées conçues autour des autoroutes urbaines et un climat qui décourage la marche. Les prix des carburants ont été relevés par étapes depuis 2018 dans le cadre de la réforme des subventions, sans remettre en cause la place dominante de la voiture.
Une mortalité routière en forte baisse selon les chiffres officiels. Selon le rapport 2025 du comité ministériel de sécurité routière, les routes ont fait 4 438 morts en 2025, contre 8 632 en 2016 ; le taux est passé de 28,8 à 12,05 décès pour 100 000 habitants, soit une baisse de plus de 60 %. Radars automatisés, contrôles renforcés, ceinture et téléphone au volant sanctionnés, aménagements de voirie : la politique de sécurité routière est l'un des résultats chiffrés les plus nets de Vision 2030.
Une légère remontée en 2025 selon GASTAT. Les statistiques du transport routier de GASTAT donnent pour 2025 un taux de 11,99 décès pour 100 000 habitants, en hausse de 2,9 % sur un an : la tendance de long terme est à la baisse, mais le dernier point n'est pas une amélioration. Les écarts régionaux restent forts, de 7,7 pour 100 000 dans la province de l'Est à 19,4 dans celle de Tabouk.
Un métro de Riyad qui monte en charge. Le métro de Riyad — six lignes, 176 km, 85 stations — a ouvert par étapes entre décembre 2024 et janvier 2025. Selon l'Autorité générale des transports, il a transporté 31 millions de voyageurs au premier trimestre 2026, 29,7 millions au deuxième (+26 % sur un an) et 30,4 millions au troisième. Plus de 300 millions de trajets ont été effectués depuis l'ouverture, et une commande de 94 rames supplémentaires (5,5 milliards de riyals) doit accroître la capacité d'environ 60 %.
Un réseau ferroviaire en expansion. L'ensemble du rail saoudien — métro de Riyad, train à grande vitesse Haramain entre La Mecque, Djeddah et Médine, lignes nord et est — a enregistré 40,9 millions de trajets au troisième trimestre 2026. Le grand projet de Landbridge reliant le Golfe à la mer Rouge par Riyad a en revanche été repoussé : après l'échec des discussions avec un consortium chinois, Saudi Arabia Railways a annoncé en janvier 2026 un « nouveau mécanisme » et une livraison d'ici 2034 ; les offres pour la section de Riyad ont été déposées le 30 juin 2026.
Le droit de conduire des femmes. Depuis juin 2018, les femmes ont le droit de conduire — une réforme sociale majeure qui a transformé la mobilité quotidienne et accompagné la hausse de leur emploi (cf. catégorie Travail).
Les flux du pèlerinage. La gestion des millions de pèlerins du Hajj et de l'Omra vers La Mecque et Médine reste un défi logistique spécifique, qui mobilise le train Haramain, les aéroports de Djeddah et de Médine et des dispositifs de navettes à grande échelle.
Arabie saoudite — Mortalité routière
2. Perspectives — vers où va la mobilité
Consolider le report vers le collectif. Une trentaine de millions de voyages par trimestre est un début solide pour une ville de plus de sept millions d'habitants, mais reste modeste face au trafic automobile. Le rabattement par bus, le stationnement et la tarification décideront de la part que le métro peut prendre.
Les échéances de 2030 et 2034. L'Expo 2030 à Riyad et la Coupe du monde 2034 structurent le calendrier des investissements : extension du métro, aéroport King Salman, liaisons ferroviaires. Le report du Landbridge montre toutefois que les arbitrages budgétaires s'imposent aussi aux grands projets.
Sécurité routière : tenir les acquis. La remontée de 2025 mesurée par GASTAT, après une décennie de baisse, pose la question des marges restantes, notamment dans les régions les plus touchées.
Les questions ouvertes. Trois enjeux structureront la période : (1) la montée en charge des transports collectifs ; (2) la sécurité routière ; (3) le calendrier des grands projets d'infrastructure.
3. Comparaison internationale — l'Arabie saoudite parmi ses pairs
Replacée dans son environnement, l'Arabie saoudite a une mobilité dépendante de l'automobile, une mortalité routière en forte baisse mais encore élevée, et un virage récent vers le collectif.
Trois enseignements. (1) Mortalité routière : élevée, avec une réserve de méthode. Le dernier comparatif homogène de l'OMS (estimations 2019) plaçait l'Arabie saoudite à 35,9 décès pour 100 000 habitants, loin devant le Brésil (16,0), les États-Unis (12,7), la Turquie (6,7) et l'Union européenne (5,6). Les chiffres officiels saoudiens, fondés sur les relevés policiers, sont bien plus bas (12 en 2025) : les deux séries ne sont pas directement comparables.
(2) Une dépendance à la voiture. Comme aux États-Unis, l'automobile et l'étalement urbain dominent, à rebours de l'Union européenne.
(3) Un virage collectif récent et rapide. Peu de pays ont ouvert d'un coup un réseau de métro de six lignes ; c'est ce qui distingue la trajectoire saoudienne de ses comparateurs.
États-Unis — Mortalité routière
Brésil — Mortalité routière
Turquie — Mortalité routière
Union européenne — Mortalité routière
Arabie saoudite — Mortalité routière
Comparaison internationale — transport
| Pays | Décès routiers / 100 000 (OMS, 2019) | Mode dominant | Spécificité |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 12,7 | automobile | étalement |
| Union européenne | 5,6 | mixte | report modal |
| Brésil | 16,0 | route | BRT |
| Turquie | 6,7 | route | Togg, infrastructures |
| Arabie saoudite | 35,9 (12,05 en 2025 selon les chiffres nationaux) | automobile | métro de Riyad, Haramain |
Sources : OMS (estimations 2019, dernier comparatif homogène, via la Banque mondiale) ; comité ministériel de sécurité routière (2025). Les chiffres nationaux et les estimations OMS reposent sur des méthodes différentes.
Données mobilisées (socle data journalism)
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| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Décès sur les routes (2025) | 4 438 (8 632 en 2016) | Comité ministériel de sécurité routière (carte Citoyen) |
| Taux de mortalité routière (2025) | 12,05 / 100 000 (GASTAT : 11,99, +2,9 % sur un an) | Comité ministériel ; GASTAT |
| Métro de Riyad (T3 2026) | 30,4 millions de voyageurs | Autorité générale des transports |
| Ensemble du rail (T3 2026) | 40,9 millions de trajets | Autorité générale des transports |
| Femmes au volant | autorisé depuis juin 2018 | analyses |
| Landbridge | livraison repoussée à 2034 | Saudi Arabia Railways |
Sources (analyses nationales et références)
Ministère des Transports · Autorité générale des transports · comité ministériel de sécurité routière (rapport 2025) · GASTAT (statistiques du transport routier 2025) · Saudi Arabia Railways · OMS (sécurité routière) · AIE.
Note méthodologique — la synthèse distingue les faits sourcés des appréciations, reste neutre, date chaque donnée, et n'extrapole pas au-delà des sources. Dernière observation réalisée disponible (pas de prévision). Mêmes garde-fous que le reste de l'observatoire.